Estimation Céramique Henri Simmen (Guide Complet 2026)
Vous souhaitez obtenir une Estimation Céramique Henri Simmen ? Réalisées au cœur de la période Art Déco, les œuvres de Henri Simmen figurent parmi les céramiques françaises les plus recherchées par les collectionneurs, notamment lorsqu’elles associent le travail d’Eugénie O’Kin. Dans ce guide, découvrez la cote de l’artiste, les prix observés en ventes aux enchères et les principaux critères qui influencent la valeur de ses vases et objets en grès émaillé.
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Henri Simmen, Eugénie O’Kin, Vase rouge en forme de coloquinte ou de figue, grès émaillé, ébène sculpté. Photo : Millon et associés, Paris.
Qui est Henri Simmen ?
L’architecte-ensemblier
Avant de s’intéresser à la céramique, Henri Simmen (1879-1963) s’est formé au métier d’architecte-ensemblier. Il a notamment dessiné des modèles pour l’atelier de papiers-peints créé en 1902 par l’architecte Henri Sauvage (1873-1932). Il présente également des ensembles de mobilier dans la mouvance de démocratisation des arts décoratifs chère aux artistes de la période Art Nouveau, lors d’expositions comme le Salon d’Automne, à l’exemple d’une “chambre à coucher d’artisan” en 1904.
Dans le cadre de son intégration au groupe “L’Art à l’école” à partir de 1908, il s’essaye même au dessin de mobilier scolaire et expose une maquette d’école maternelle au Salon d’Automne de 1908 qui reçoit un bon accueil de la part de la critique. Un groupe scolaire du 11e arrondissement de Paris bénéficie la même année de décors qu’il a imaginés, figurant des pissenlits et des orangers venus orner un préau.
Salle à manger conçue par Henri Simmen avec les meubles de la maison Préau, Maurice Pillard Verneuil, “Mobiliers à bon marché”, dans Art et Décoration, 1905. Photo : Gallica.bnf.fr
Un “patient alchimiste”
A partir des années 1908-1909 vraisemblablement, Henri Simmen ajoute à son activité d’ensemblier celle de céramiste. L’homme de lettres Georges-Antoine Orliac (1880-1958), qui lui consacre un article complet dès 1911 dans la revue Art et Décoration, pense pouvoir expliquer ce changement : selon lui, “Simmen n’a pas fait de la céramique par caprice mais poussé par un irrésistible besoin de pénétrer les secrets d’un art hermétique où l’attente du chercheur se mêle aux espérances de l’artiste” (Georges-Antoine Orliac, “Simmen”, dans Art et Décoration, 1911).
Le nouveau céramiste mène en effet des recherches poussées dans le domaine de la chimie des oxydes métalliques et de la technique complexe de la cuisson à haute température (grand feu). A ses débuts, il expérimente le grès au sel et le grès flammé, alors en vogue, et s’inspire notamment des formes des vases antiques. En décembre 1910, la Galerie d’Art Décoratif située au 7 rue Laffitte à Paris, propose une exposition centrée sur cette nouvelle production, qui reste toutefois présentée parmi des meubles et d’autres objets dessinés par Simmen, comme des tapis.
La presse se montre réceptive : “M. Henri Simmen, pour la première fois, nous offre un aperçu des travaux de poteries auxquels il se livre depuis trois ans. Il mérite d’être chaleureusement félicité. Les couleurs et les formes des divers objets exposés sont d’une variété heureuse. Les grès et les flammés, les meubles et les tapis, tout requiert l’attention, atteste un effort sincère, une technique sûre et volontaire”, peut-on lire dans Les Hommes du Jour (4 février 1911).
Dans l’Excelsior, le critique Henri Fritsch-Estrangin (1872-1959) consacre même un petit paragraphe à l’exposition, dont le titre – “Un céramiste : Henri Simmen”- acte le tournant qui s’opère dans sa carrière. Tout en soulignant sa “notoriété plus récente”, le critique n’hésite pas à placer le nouveau céramiste dans la lignée de grands noms comme ceux de Pierre-Adrien Dalpayrat ou d’Auguste Delaherche.
Quelques mois plus tard, dans une exposition au Palais Galliera, les céramiques de Simmen attire l’oeil du politicien et homme de lettres Léon Riotor (1865-1946), qui le qualifie de “patient alchimiste, de très vif intérêt” (Léon Riotor, “À travers les expositions”, Le Radical du 6 juin 1911). A partir de 1913, ses investigations l’amènent à se tourner vers les arts asiatiques. Il s’essaye alors aux émaux cendrés et craquelés, et tente de reproduire les couleurs céladon ou “poils de lièvre” des céramiques chinoises.
“Grès au sel et grès de grand feu, H. Simmen”, Pierre Ansart, “Notre première exposition spéciale d’arts décoratifs” dans Mémoires de la Société des amis des arts du département de la Somme, 1912. Photo : Gallica.bnf.fr
La collaboration avec Eugénie O’Kin
Le succès est au rendez-vous et les pièces de jeunesse de Simmen sont achetées dès 1913 par l’Union centrale des arts décoratifs, trois ans après celles d’une jeune tabletière déjà reconnue du nom d’Eugénie O’Kin, qui devient sa seconde épouse. Cette rencontre transforme la pratique de Simmen.
jeune couple entreprend un voyage de deux ans en Asie à partir de 1919 et y trouve de nouvelles inspirations, que ce soit dans l’art Khmer en Indochine, où habite le frère d’Eugénie, ou dans les arts de la céramique japonaise, chinoise et coréenne. Simmen perfectionne sa technique.
Abandonnant ses premières aspirations d’un art pour tous rendu accessible par la production industrielle, il se tourne vers les techniques traditionnelles de la céramique et ouvre un atelier dans le quartier de Montredon à Marseille en 1923.
Ses créations sont exposées dans des galeries parisiennes comme celle de Georges Rouard (1874-1929). Lors de l’exposition Internationale de 1925, il participe au projet devenu fameux intitulé “Une ambassade française”, qui réunit les grands acteurs de son temps dans le domaine des arts décoratifs.
Sa collaboration avec son épouse Eugénie O’Kin, qui travaille en parallèle pour de grandes figures de l’Art Déco, à l’exemple du décorateur Jacques-Emile Ruhlmann (1879-1933), apporte une grande originalité à ses pièces, qui se parent de couvercles, de prises, de supports ou d’anneaux sculptés dans l’ivoire, le corail ou l’ébène.
“Henri Simmen et Eugénie O’Kin, Vase au couvercle orné d’un ours, grès émaillée, ivoire. Photo : Maison de vente R&C, Paris.
Comment déterminer la valeur d’une céramique de Henri Simmen ?
Les critères d’estimation
Plusieurs critères s’avèrent déterminants pour estimer le prix de vente d’une pièce imaginée par Henri Simmen.
Le bon état de la pièce
La pièce doit impérativement être en bon état pour attirer les acheteurs. Tout fêle, éclat, restauration ou manque, et tout particulièrement de son couvercle ou autre élément travaillé par Eugénie O’Kin, peut faire baisser drastiquement la valeur de l’objet.
Les marques (signatures, numéros, poinçons…)
La présence de la signature de Henri Simmen au niveau de la partie en céramique du vase, ainsi que celle d’Eugénie O’Kin sur les éléments rapportés comme les couvercles est primordiale pour obtenir un prix satisfaisant.
Les matériaux et techniques
Parmi les créations de Simmen, les grès flammés des débuts de sa production semblent être moins recherchés que les pièces à couverte craquelée qu’il a élaborées après son retour d’Asie par exemple. Les matériaux précieux employés par Eugénie O’Kin tels que le corail, l’ébène ou l’ivoire apportent une plue-value à la pièce en grès émaillé.
Le type d’objet
Le type d’objet signé Simmen qui suscite le plus l’intérêt des acheteurs est sans conteste le vase, qui représente l’essentiel de sa production.
Le modèle
Les modèles réalisés en collaboration avec Eugénie O’Kin sont les plus prisés sur le marché de l’art.
La taille
Les vases de grande taille sont susceptibles d’atteindre des prix plus élevés en vente publique que leurs homologues de plus petites dimensions. Toutefois ce critère semble moins déterminant que celui de la participation ou non d’Eugénie O’kin à la fabrication de la pièce.
La datation
Les pièces de la période Art Déco sont en général plus prisées que celles qui ont été produites avant 1914.
La provenance
Une provenance prestigieuse et documentée peut engendrer une plus-value, tout comme la présentation de l’objet à des expositions.
“Henri Simmen et Eugénie O’Kin, Vase en forme de poire, grès émaillé, ivoire et bois. Photo : Millon et associés, Paris.
Authentifier une pièce par Henri Simmen
Vérification des marques et signatures
Recherche de documents d’archives
Référencement du modèle au sein d’ouvrages dédiés à l’artiste et correspondance de la pratique
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“Henri Simmen et Eugénie O’Kin, Vase en forme de poire, grès émaillé, ivoire et bois. Photo : Millon et associés, Paris.
Estimation Céramique Henri Simmen : prix et cote des œuvres
Vases
Les vases réalisés en collaboration avec Eugénie O’Kin sont les plus chers sur le marché. Ils se négocient entre 2000 et plus de 30 000 €. De façon extrêmement rare, il peuvent dépasser les 100 000 €, à l’exemple d’un exemplaire vendu en 2018 chez Sotheby’s pour plus de 180 000 €. Les pièces réalisées par Simmen seul atteignent des chiffres moins élevés, entre 250 et 9000 €.
Encriers
Les encriers sont peu courants sur le marché de l’art. Un exemplaire comportant un couvercle sculpté par O’Kin peut atteindre les 10 000 € en vente publique.
“Henri Simmen et Eugénie O’Kin, Vase de forme meiping, vers 1930, grès émaillé, ébène, corail, vendu 32 800 € en 2024 chez Artcurial, Paris. Photo : Artcurial, Paris.
Le saviez-vous ?
Henri Simmen, qui était aussi architecte et décorateur, a intégralement conçu sa maison personnelle, située sur les hauteurs de Meudon, à quelques encablures de la villa de Rodin : “Architecte, il l’a distribuée avec un goût impeccable, artiste, il l’a meublée et décorée avec un harmonieux équilibre de couleurs et de lignes” témoigne l’homme de lettres Georges-Antoine Orliac.
Le “bénédiction de la beauté”, comme il l’appelait, recherchait le calme, le silence et la méditation dans la solitude et le recueillement, loin “des bruits de la ville et du tumulte des foules” qui ont court dans la capitale voisine. Orliac attribue ce mode de vie d’ascète à “un fond de ce mysticisme de la race flamande” qui aurait animé l’artiste (Georges-Antoine Orliac, “Simmen”, dans Art et Décoration, 1911), mais peut-être, à l’instar de sa technique ou de certaines de ses inspirations, l’a-t-il aussi ramené d’Asie ?
“Henri Simmen, Vase “La voie qui est une voie n’est pas la voie…” (Lao Tseu), céramique émaillée, vers 1925. Photo : maison de vente Ader, Paris.
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