Estimation d’une oeuvre de Charles-Théodore Frère : prix, cote et expertise (Guide complet 2026)
Vous possédez une œuvre de Charles-Théodore Frère ? Ce peintre orientaliste s’est spécialisé dans les représentations d’architectures, de scènes de rue et de bazar, de cafés et de caravanes en Afrique du Nord et dans l’Empire Ottoman qui suscitent aujourd’hui l’intérêt des collectionneurs. Voyage en compagnie des experts d’Artflow Enchères pour apprendre à estimer la valeur d’une œuvre de « Frère-Bey ».
En résumé :
- Charles-Théodore Frère (1814-1888), dit « Frère-Bey », est un peintre orientaliste français réputé pour ses paysages, ses représentations de scènes de rue et de caravanes d'Afrique du Nord et du Proche-Orient.
- Ses huiles sur toile ou sur panneau atteignent généralement des prix compris entre 500 et 15 000 €, avec des résultats exceptionnels au-delà de 50 000 €.
- Les aquarelles se négocient entre 200 et 2 000 €, tandis que les dessins au crayon se vendent entre 100 et 800 €. La valeur des estampes demeure modeste, à quelques dizaines d’euros en moyenne.
- La valeur d'une œuvre dépend de la technique, de l'état de conservation, de la taille, de la présence ou non de la signature authentique de l’artiste et du thème représenté.
- Théodore Frère signait ses tableaux « Th. Frère », parfois accompagné d'un lieu et d'une date.
- Pour une estimation fiable, l'expertise d'un commissaire-priseur reste la solution la plus sûre.

Charles-Théodore Frère, Campement dans un oasis en Algérie, huile sur toile, vendue le 15 décembre 2024 à Doullens.
Photo : Maison de vente Denis Herbette, Doullens.
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Qui est Charles-Théodore Frère ?
Formation
Théodore Frère est né à Paris à la fin du premier Empire, en 1814. Il est le frère du peintre de genre Pierre-Edouard Frère (1819-1886). Il commence ses activités artistiques comme élève de Jules Cogniet (1798-1860), paysagiste de l’école de Barbizon, et du peintre romantique Camille Roqueplan (1803-1855). Il expose pour la première fois au Salon en 1834 et y présente régulièrement des tableaux jusqu’en 1877.
La prise de Constantine
De 1837 à 1839, il quitte Paris pour Alger et Constantine, où il assiste à la prise de la ville par l’armée française, événement qui le marque profondément. Au Salon de 1843, il présente une œuvre figurant les habitants de Constantine, fuyant après la prise de la ville en se laissant glisser le long des rochers à pic, et en traversant les cascades du Rummel, aujourd’hui conservé au musée de la Faïence et des Beaux-Arts Frédéric Blandin de Nevers. L’image marque les esprits. Elle est reproduite par le lithographe Courtin pour l’éditeur J. Delahaye à Paris.
Un peintre « orientaliste »
A partir de son retour de ce premier voyage, Théodore Frère expose presque exclusivement des tableaux ayant pour thème « l’Orient », au sens élargi que l’on donnait alors à cette indication géographique fantasmée, qui comprenait à la fois des pays d’Afrique du Nord et du Proche et Moyen-Orient. Il est aujourd’hui classé parmi les peintres « orientalistes », désignant les artistes du XIXe siècle et du début du XXe siècle qui se sont attachés à représenter les habitants, les paysages et la lumière si particulière de ces pays.
De la Méditerranée au Proche-Orient
En dépit de ses succès parisiens, Théodore Frère ne reste que peu de temps dans la capitale et repars bientôt pour un nouveau périple qui le mène de Malte à la Grèce jusqu’au Proche-Orient. Il choisit alors de s’installer pour six mois à Istanbul. Voyageur du monde, il se fixe peu. Ses périples le mènent souvent en Afrique du Nord (Egypte, Nubie, Algérie…) et dans les grandes villes du Proche-Orient (Istanbul, Jérusalem, Damas, Beyrouth…).
Frère-Bey
En 1853, il installe un atelier au Caire et devient peintre de la Cour. Il ajoute à son nom un ancien titre turc désignant un propriétaire terrien vassal du sultan et se fait appeler « Frère-Bey ». En 1869, il a l’honneur d’accompagner l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, lors de l’inauguration du canal de Suez, avec ses confrères et compatriotes Jean-Léon Gérôme (1824-1904) et Eugène Fromentin (1820-1876), peintres orientalistes comme lui.
Expositions, achats de l’Etat et musées
Malgré cette frénésie de voyage qui le tient, Théodore Frère revient régulièrement à Paris pour exposer ses œuvres. Il présente notamment ses compositions aux trois Expositions Universelles qui y ont eu lieu de son vivant, en 1855, 1867 et 1878. L’Etat lui achète plusieurs tableaux au Salon et ses œuvres sont aujourd’hui visibles dans les collections publiques du Palais-musée des archevêques de Narbonne et des musées des Beaux-Arts de Pau, de Rennes ou encore de Reims.

Charles-Théodore Frère, Fouilles à Zakara, 1853, huile sur toile, vendue le 21 juin 2017 à Paris.
Photo : Maison de vente Mirabaud Mercier, Paris.
Quelle estimation pour une œuvre de Théodore Frère ?
La cote de Théodore Frère a eu tendance à baisser au cours des dernières décennies. Toutefois, ses huiles sur toile ou sur panneau, régulièrement proposées aux enchères, continuent de trouver leur public et peuvent obtenir des résultats au-dessus de 10 000 €. Les aquarelles sont également prisées, jusqu’à 2 000 €. La première place de marché pour les tableaux et dessins de Théodore Frère est la France, ce pourquoi il est conseillé, dans le cadre d’une expertise, de s’adresser à une maison de vente française.
Tableau comparatif des prix observés
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Type d’œuvre |
Prix |
Observations |
|
Huiles sur toile ou sur panneau |
500 - 15 000 € |
Selon la taille, le sujet, l’état. Quelques prix entre 20 000 et 50 000 €. Des prix très exceptionnels au-dessus de 50 000 €. |
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Aquarelles |
200 - 2 000 € |
Selon la taille, le sujet, l’état. Un résultat exceptionnel à 3 700 €. |
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Dessins au crayon, à la mine de plomb |
100 - 800 € |
Selon l’état et la taille. Quelques résultats plus rares autour de 1 000 €. |
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Estampes |
20 - 50 € |
Peu d’exemples passés en ventes publiques. |

Charles-Théodore Frère, A l'entrée de la casbah, Algérie, huile sur toile, vendue le 21 avril 2026 à Paris.
Photo : Maison de vente Bonhams Cornette de Saint-Cyr.
Quels critères influencent la valeur d’une œuvre ?
- La technique : une œuvre unique signée de la main de Théodore Frère a davantage de valeur qu’une estampe qui, étant reproductible, est le plus souvent moins rare. Parmi les créations originales de l’artiste, les huiles sur toile ou sur panneau sont les plus recherchées, suivies des aquarelles et des dessins au crayon ou à la mine de plomb.
- L’état de conservation : l’absence de dommages tels que déchirures, trous, manque de matière ou encore taches de rousseur est valorisée. Les restaurations, anciennes ou récentes, font baisser la valeur.
- La taille : à caractéristiques égales, les tableaux, dessins et estampes de grandes dimensions se vendent généralement plus cher.
- La signature : la signature authentique de l’artiste est un critère essentiel dans le cadre d’une estimation. Les œuvres portant la griffe de l’artiste atteignent des prix bien plus élevés que celles qui lui sont simplement attribuées sur la base d’autres critères.
- Le thème : au sein de la production de Théodore Frère, les paysages et les scènes de genre orientalistes ont la faveur des acheteurs. Les portraits sont un peu moins recherchés.

Charles-Théodore Frère, Caravane dans le désert, huile sur panneau, vendue le 30 avril 2025 à Paris.
Photo : Maison de vente Artcurial, Paris.
Quels sont les thèmes et techniques de Théodore Frère ?
Les paysages animés
De la Nubie à l’Egypte en passant par l’Algérie, Théodore Frère a représenté de nombreux paysages rencontrés au cours de ses voyages. Une caravane, des porteuses d’eau ou des hommes en burnous animent souvent l’avant-plan de ces vues.
Estimation : 500 - 15 000 € pour une huile sur toile ou sur panneau
Estimation : 200 - 2 000 € pour une aquarelle

Charles-Théodore Frère, Porteuses d'eau, Philae, Nubie, huile sur panneau, vendue le 31 mars 2019 à Chartres.
Photo : Maison de vente Galerie de Chartres.
Scènes de rue et bazars
Son intérêt pour les vastes paysages n’empêche pas Théodore Frère de s’aventurer également dans les ruelles et les bazars des villes d’Afrique du Nord ou de l’Empire Ottoman où il réside parfois durant plusieurs mois, ce qui lui laisse le temps d’observer la vie et les habitudes de leurs habitants.
Estimation : 1 000 - 4 000 € pour une huile sur toile ou sur panneau

Charles-Théodore Frère, L'entrée du bazar de Damas, huile sur panneau, vendue le 27 avril 2020 à Auxerre.
Photo : Maison de vente Auxerre Enchères.
Caravanes
Dans leurs périples comme dans leurs haltes, Théodore Frère a accompagné de nombreuses caravanes à travers le désert pour tirer du quotidien des nomades des sujets de tableaux. Proches ou perdus dans le lointain, bédouins et chameaux servent dans certains cas à donner la mesure d’un vaste paysage dont ils forment l’avant-plan animé, tandis que dans d’autres, ils deviennent le sujet principal du tableau, reléguant le paysage à l’arrière-plan.
Estimation à partir de 1 600 € pour une huile sur toile.
Estimation autour de 600 € pour un dessin.

Charles-Théodore Frère, La halte de la caravane, au crépuscule, huile sur toile marouflée sur carton, vendue le 30 juin 2019 à Fontainebleau.
Photo : Maison de vente Osenat, Fontainebleau.
Portraits
Les portraits réalisés par Théodore Frère sont rares aux enchères. Quelques exemples apparaissent toutefois de façon occasionnelle, figurant des hommes et des femmes en pied dans des décors orientalisants ou sur fonds de paysages boisés, ou des personnages orientaux représentés en buste.
Estimation 500 - 1 300 € pour une huile

Charles-Théodore Frère, Portrait de femme orientaliste, daté du 21 mars 1875 au Caire, huile sur panneau, vendue le 26 avril 2026 à Bordeaux.
Photo : Hôtel des ventes Tourny, Bordeaux.
Comment reconnaître une œuvre de Théodore Frère ?
Théodore Frère signait ses œuvres, de façon manuscrite, avec la mention « Th. Frère », en bas à droite ou à gauche du décor, généralement dans une couleur foncée. La signature est parfois accompagnée d’une localisation (« Constantinople », « Jérusalem »…) et d’une date.

Théodore Frère, Détail de la signature sur une huile sur panneau.
Photo : Maison de vente Metayer-Mermoz, Nevers.
Comment estimer et vendre une œuvre de Théodore Frère ?
Faire appel à un commissaire-priseur est actuellement le moyen le plus simple et le plus sûr pour réaliser l'estimation d'un tableau de Théodore Frère.
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Le saviez-vous ?
En 2008, une œuvre de Théodore Frère, étonnante par son support, est passée en vente publique. Il s’agit d’une palette de bois ayant appartenu à l’artiste, toujours garnie de ses couleurs, séchées par le temps, sur laquelle Théodore Frère a peint une scène de café oriental. Deux hommes, dont l’un accoudé à un comptoir, regardent au-dehors où se déploie un paysage, auquel une grande arche fait un cadre.
La pratique consistant à peindre une œuvre directement sur cet outil emblématique du métier de peintre était répandue auprès des artistes du XIXe siècle, qui en faisaient généralement cadeau. Des collectionneurs avisés s’en firent une spécialité, comme en témoigne le catalogue d’une vente qui a eu lieu en 1911 à la galerie Georges Petit, d’un ensemble de cent vingt trois palettes peintes par des artistes comme Rosa Bonheur, Eugène Boudin ou Félix Ziem, patiemment collectées par un amateur anonyme

Charles-Théodore Frère, Intérieur de café près du Nil, palette peinte à l’huile, vendue le 12 octobre 2008 à Saint-Germain-en-Laye.
Photo : Maison de vente Saint-Germain-en-Laye Enchères.
Sources :
- Joly-Parvex, Morwena, « Un temple de Karnak, par Charles-Théodore Frère, dit Frère-Bey », Centre des monuments nationaux.
- Schurr, Gérald, Cabanne, Pierre, « Frère, Charles-Théodore dit Frère Bey », dans Dictionnaire des petits maîtres de la peinture 1820 - 1920, T. 1, A à H, Paris, éditions de l’Amateur, 1996, p. 449.
- Vidal-Bué, Marion, L’Algérie des peintres 1830-1960, Alger, Edif 2000, Paris, Paris-Méditerranée, 2002.
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