Estimation d’une oeuvre de Claude Viallat : Guide complet 2026

Vous possédez une œuvre peinte par Claude Viallat ? Cet artiste, qui a fait partie des membres fondateurs du mouvement Supports/Surfaces au début des années 1970, est connu pour ses peintures abstraites réalisées sur des objets aussi divers que des bâches, des toiles de parapluie, des assises de fauteuils ou encore des emballages alimentaires. A travers cet article, les experts d’Artflow Enchères vous invitent à suivre ses « empreintes » et a comprendre comment est réalisée une estimation d'un tableau de Claude Viallat.

En résumé :

  • Figure fondatrice du mouvement Supports/Surfaces, Claude Viallat est reconnu pour ses « empreintes » peintes sur des supports insolites : bâches, toiles de parapluie, taies d'oreiller ou emballages alimentaires.
  • L'estimation d'une œuvre de Claude Viallat varie fortement selon la technique : de 5 000 à 40 000 € pour les peintures sur bâche ou tissu, contre 20 à 1 300 € pour une sérigraphie.
  • La valeur dépend aussi de l'état de conservation, de la taille de la pièce et de la présence d'une signature ou d'une étiquette d'atelier.
  • L'artiste signe rarement de façon conventionnelle : il appose le plus souvent une étiquette en papier agrafée, complétée à la main avec l'année, le numéro et les dimensions de l'œuvre.
  • Les toiles libres et bâches comptent parmi les pièces les plus recherchées.
  • Les commissaires-priseurs d'Artflow Enchères proposent une estimation gratuite sous 24h, sur simple photo.
    Viallat, Claude, Empreintes, acrylique sur toile de parapluie

    Claude Viallat, Empreintes, acrylique sur toile de parapluie, vendue le 7 octobre 2021 à Nîmes.

    Photo : Hôtel des ventes de Nîmes.

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    Qui est Claude Viallat ?

    L’artiste à ses débuts

    Claude Viallat est né en 1936 à Nîmes et passe son enfance à Aubais, une commune rurale du département du Gard. En 1957, il débute sa formation à l’école des Beaux-Arts de Montpellier, où il rencontre Daniel Dezeuze (1942-), André Pierre Arnal (1939-2024), Vincent Bioulès (1938-), Toni Grand (1935-2005) et Jean Azémard (1938-1998). Ses premières œuvres sont alors des portraits de ses proches, mais aussi des paysages du Gard, des représentations de taureaux ou des natures mortes au style académique. 

    La découverte de l’art abstrait américain

    En 1962, Viallat intègre l’école des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Raymond Legueult (1898-1971) et y côtoie Pierre Buraglio (1939-), Michel Parmentier (1938-2000) et Joël Kermarrec (1939-2022). Il tente le prix de Rome, sans succès. En parallèle, il arpente les galeries de la capitale et y découvre la peinture américaine, notamment celle de Robert Rauschenberg, de Kenneth Noland (1924-2010) et de Morris Louis (1912-1962). Suivant leur exemple, il s’intéresse à partir de 1963 à la peinture abstraite engageant le corps.

    Emulations

    En 1964, Viallat s’installe à Nice, où il enseigne à l’école des arts décoratifs. Il fréquente les artistes Ben Vautier dit Ben, en lien avec le non-mouvement Fluxus et ses questionnement sur les nouveaux statuts de l’artiste et de l’art, Bernar Venet et Claude Gilli, de l’Ecole de Nice, à la frontière entre plusieurs mouvements, ou encore les Nouveaux Réalistes, opposés à l’art abstrait. 

    En quête d’un style inédit

    Mais en 1966, il s’aperçoit lors d’une visite de l’exposition Vingt ans d’art contemporain à la fondation Maeght, que sa peinture est déjà faite par d’autres. Il entre alors dans une phase d’expérimentations, dans le but de trouver une forme d’art à lui. Il se souvient à ce moment-là de plusieurs pratiques traditionnelles de sa région d’origine, comme cette habitude méditerranéenne qui consiste à tremper une éponge dans de la chaux bleue pour décorer les cuisines, ou comme le rituel camarguais des ferrades, lors du marquage des jeunes taureaux, ou encore à l’instar de la coutume des « empègues », ces pochoirs dont les motifs ornent les pourtours des portes des maisons. Il s’empare alors de ces pratiques ancestrales pour en faire une piste de réflexion de sa peinture contemporaine.

    Les empreintes

    Suivant cette voie, il expérimente plusieurs techniques. C’est toutefois l’accident qui lui apporte l’idée de base de son futur concept artistique : au cours de ses recherches, après avoir utilisé une éponge trempée dans la peinture comme tampon, Viallat, ne parvenant pas à la nettoyer, la laisse baigner dans de l’eau de javel et la retrouve en partie délitée. Il a alors l’idée d’utiliser la forme obtenue par le hasard de la désagrégation de la matière : « la forme en soi n’était pas représentative, elle n’était ni décorative, ni vraiment géométrique, ni figurative, ni symbolique. Elle n’avait pas beaucoup de qualités… donc c’est essentiellement pour ça que je l’ai élue », témoigne l’artiste (Livret de visite de l’exposition Viallat : une rétrospective, musée Fabre, 28 juin - 2 novembre 2014). 

    Cette forme est ensuite appliquée comme une empreinte, de façon répétée, dans une gamme chromatique ne comprenant que des couleurs primaires, sur différents supports dits « toiles libres ». Il peut s’agir d’un morceau de tente comme d’une taie d’oreiller, pourvu d’éviter la trop attendue toile sur châssis prisonnière de son cadre. La création terminée n’a cependant pas de sens en elle-même pour l’artiste : « Une toile - pièce - seule n’est rien, c’est le processus - système - qui est important » (Pierre Wat, Claude Viallat : œuvres, écrits, entretiens, 2006, p. 129).

    Supports/Surfaces

    En 1970, Viallat participe à l’exposition fondatrice du mouvement Supports/Surfaces au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Composé d’artistes essentiellement originaires du Sud de la France, comme Dezeuze ou Patrick Saytour (1935-2023), ce groupe cherche à déconstruire la pratique traditionnelle de la peinture et à diriger l’attention sur l'œuvre en tant qu’objet. Il expose souvent ses créations en plein air, en acceptant les dégradations opérées par le temps et dues au hasard, et le fait que l’artiste perde le contrôle de son œuvre. 

    Mais Viallat quitte le groupe, marqué par des désaccords théoriques, dès 1971, et poursuit seul ses recherches, en testant notamment de nouveaux colorants comme le bleu de méthylène. En 1972, un voyage aux Etats-Unis lui fait découvrir l’art de Jackson Pollock (1912-1956) et celui des Indiens d’Amérique. En France, il visite la grotte préhistorique de Gargas qui lui inspire des œuvres basées sur des empreintes de mains. De plus en plus intéressé par la matière en tant que telle, il mène également des expériences avec des cordes et des filets.

    Enseignement, galeries et expositions

    En complément de son activité artistique, Viallat enseigne. En 1967, il est professeur aux Beaux-Arts de Limoges, avant de rejoindre ceux de Luminy, à Marseille, en 1973. En 1979, il est nommé directeur de l’école des Beaux-Arts de Nîmes et devient dans le même temps président du club taurin de son village d’origine, Aubais, et invite cette passion dans son art. Enfin, en 1991, il devient professeur à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, avant de prendre sa retraite neuf ans plus tard. 

    L’artiste côtoie également de nombreux galeristes. En 1966, la galerie A, de Nice, organise la première exposition entièrement dédiée à Viallat. Deux ans plus tard, il rencontre Jean Fournier à Paris, qui devient son galeriste attitré. Sa première exposition personnelle dans une institution muséale à lieu en 1974 au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne. A partir du début des années 1970, ses œuvres sont présentées à l’international, comme à New-York, Milan, Rome, Mexico, Bruxelles, Düsseldorf, Barcelone, Tokyo, Séoul, Rabat, Vienne, Tel-Aviv ou encore Tampere, en Finlande. En 1988, Viallat représente la France à la Biennale de Venise. Il expose également dans de nombreux lieux de l'hexagone : Rennes, Marseilles, Paris, Vence, Alès, Céret, Toulouse, Perpignan, Biarritz…

    Architecture et décoration

    A partir de la fin des années 1980, Viallat s’intéresse à la décoration de bâtiments. Il réalise un projet de vitraux pour la cathédrale de Nevers, une colonne pour la décoration d’un fast-food à Nîmes, et des caissons pour le plafond du porche du conservatoire de musique d’Annecy. En 1991, il reçoit une commande publique destinée au château de Chambord, puis une autre en 1997 pour la Bibliothèque François Mitterrand à Paris.

    Epilogue

    Âgé de quatre-vingt dix ans, Claude Viallat continue d’exercer son art dans son atelier nîmois, et d’être représenté dans de nombreuses galeries en France. Ses œuvres ont intégré les collections de plusieurs institutions publiques comme le musée d’Art moderne et contemporain de la Ville de Paris, le musée Ziem de Martigues, et le Carré d’art - musée d’art contemporain de Nîmes, où une exposition lui a été dédiée en 2023-2024.

    Viallat, Claude, Sans titre, acrylique sur fragment de moquette aiguilleté

    Claude Viallat, Sans titre, acrylique sur fragment de moquette aiguilleté, vendue le 2 août 2020 à Cannes.

    Photo : Maison de vente Cannes Enchères.

    Quelle estimation pour une œuvre de Claude Viallat ?

    Les œuvres de Claude Viallat sont actuellement très prisées en ventes publiques. Les peintures sur tissus ou sur bâche de grandes dimensions atteignent des prix jusqu’à 40 000 € en moyenne, pouvant atteindre parfois les 90 000 €. Les supports comme les toiles de parapluies et les culs de fauteuils attirent les acheteurs jusqu’à 10 000 € tandis que les oeuvres sur papier oscillent entre 1 000 et 7 500 € pour une acrylique, entre 400 et 2 500 € pour un monotype et jusqu’à 2 000 € pour une gouache ou une aquarelle. Les multiples comme les sérigraphies, qui ont généralement une valeur moindre, peuvent tout de même se vendre jusqu’à 1 300 €.

    Tableau comparatif des prix observés

    Type d’œuvre

    Prix

    Observations

    Peinture sur tissus ou sur bâche et assimilés (toiles de tentes…)

    5 000 - 40 000 €

    Selon la taille. Quelques prix plus rares jusqu’à 90 000 €.

    Peinture sur toiles de parapluies et de parasols ou sur culs de fauteuils 

    2 500 - 10 000 €

    Selon la taille. Quelques prix jusqu’à 15 000 €.

    Acrylique sur papier, journal, emballages alimentaires…

    1 000 - 7 500 €

    Selon la taille et l’état de conservation.

    Cercles

    1 500 - 6 500 €

    Selon la taille et l’état de conservation.

    Monotypes

    400 - 2 500 €

    Selon la taille et l’état de conservation. Quelques résultats jusqu’à 5 000 €.

    Aquarelles et gouaches sur papier

    150 - 2 000 €

    Selon la taille et l’état de conservation. Quelques résultats jusqu’à 5 000 €.

    Sérigraphies

    20 - 1 300 €

    Selon la taille et l’état de conservation. Quelques résultats jusqu’à 3 000 €.

    Viallat, Claude, Composition, bleu de méthylène sur drap

    Claude Viallat, Composition, bleu de méthylène sur drap, vendue le 7 décembre 2025 à Paris.

    Photo : Maison de vente Pierre Bergé, Paris.

    Quels critères influencent la valeur d’une œuvre ? 

    Les critères qui influencent la valeur d'une oeuvre sont les suivantes :

    • La technique : les œuvres uniques sont davantage valorisées sur le marché de l’art que les multiples comme les sérigraphies par exemple.
    • L’état de conservation : les créations de Claude Viallat étant parfois réalisées sur des supports dont la conservation peut s’avérer plus complexe que sur une toile classique, l’état général de l'œuvre mise en vente représente un critère déterminant dans le cadre d’une estimation. 
    • La taille : les réalisations de grandes dimensions obtiennent des prix plus élevés en ventes publiques.
    • La signature : la présence de l’étiquette de l’atelier ou d’une des galeries attitrées de l’artiste donne davantage de valeur à l'œuvre.
    Viallat, Claude, Cul de fauteuil, acrylique sur tissu d'ameublement

    Claude Viallat, Cul de fauteuil, acrylique sur tissu d'ameublement, vendue le 26 octobre 2024 à Paris.

    Photo : Maison de vente FauveParis.

    Quels sont les thèmes et techniques de Claude Viallat ? 

    Peintures sur bâches

    Membre fondateur du mouvement Supports/Surfaces, Claude Viallat s’est beaucoup intéressé aux matières à utiliser comme base de sa peinture. Il a notamment expérimenté l’acrylique sur différents types de bâches ou objets assimilés (objets militaires, toiles de tentes, de parapluies, ou de parasols, voiles de bâteaux…). La forme de l’artefact originel est souvent conservée.

    Viallat, Claude, Sans titre, acrylique sur bâche militaire

    Claude Viallat, Sans titre, acrylique sur bâche militaire, vendue le 26 novembre 2024 à Paris.

    Photo : Maison de vente Tajan, Paris.

    Peintures sur toiles libres

    Le matériau textile a également beaucoup inspiré l’artiste, qui a pris comme support des objets aussi variés que des assemblages de tissus, des taies d’oreillers, des tissus d’ameublement comme des assises de fauteuils ou des fragments de moquette. Comme dans le cas des bâches, Viallat ne retravaille pas nécessairement la forme de son support, où se lit parfois encore son usage primitif.

    Viallat, Claude, 414, acrylique sur taies doreillers

    Claude Viallat, 414, acrylique sur taies d'oreillers, vendues le 26 avril 2025 à Lille.

    Photo : Maison de vente Mercier Art, Lille.

    Filets

    Avec ses filets, Claude Viallat interroge aussi le vide dans l’art. Il les peint pour imprimer leur silhouette sur un tissu ou s’en sert directement comme support. Il s’intéresse tout particulièrement à cet objet dès les années 1970, de même qu’aux cordes par exemple, qu’il noue, agrémente de morceaux de bois flotté et trempe dans la couleur.

    Viallat, Claude, Composition sur filet, acrylique sur vlieseline et filet

    Claude Viallat, Composition sur filet, acrylique sur vlieseline et filet, vendue le 11 juin 2021 à Nîmes.

    Photo : Hôtel des ventes de Nîmes.

    Cercles

    Les cercles de Viallat sont conçus à partir d’un objet de récupération, qui n’est autre qu’un cerclage de barrique. Ces œuvres ont été imaginées par l’artiste dans les années 1970, période à laquelle il utilise souvent des éléments collectés au fil du temps.

    Viallat, Claude, Sans titre, acrylique sur tissu dans un cerceau de barrique

    Claude Viallat, Sans titre, acrylique sur tissu dans un cerceau de barrique, vendue le 25 juin 2025 à Paris.

    Photo : Maison de vente Aguttes, Paris.

    Monotypes

    Le monotype est une technique d’impression sans gravure qui produit des œuvres uniques. Le dessin à la peinture ou à l’encre est réalisé sur une surface lisse, comme du verre ou du plexiglas, qui est ensuite appliquée sur un support. Cette technique, utilisée depuis le XVIIe siècle, prisée des peintres comme Edgar Degas ou Paul Gauguin, inspire aussi les artistes du XXe siècle comme Viallat.

    Viallat, Claude, Composition, monotype en couleurs

    Claude Viallat, Composition, monotype en couleurs issu du portfolio Art pour la paix des éditions ArtToArts, vendu le 21 mars 2026 en Avignon.

    Photo : Hôtel des ventes d’Avignon.

    Sérigraphies

    La sérigraphie est une autre technique d’impression utilisée par Viallat, qui emploie un châssis sur lequel est tendue une toile dans laquelle est découpée une forme. Selon le principe du pochoir, lorsque le cadre est appliqué sur un support et peint, seule la partie évidée est imprimée. Comme l’indique son nom, cette technique permet de réaliser des œuvres en série.

    Viallat, Claude, Sans titre, sérigraphie sur papier de récupération

    Claude Viallat, Sans titre, sérigraphie sur papier de récupération, vendue le 17 juillet 2021 à Villefranche-sur-Saône.

    Photo : Maison de ventes Richard, Villefranche-sur-Saône.

    Comment reconnaître une œuvre de Claude Viallat ?

    En-dehors de ses réalisations sur papier pouvant porter une discrète signature au crayon, Claude Viallat ne signe pas toujours ses œuvres de manière conventionnelle, en apposant son nom au bas de la composition. Il les dote d’une étiquette en papier pré-imprimée, souvent agrafée, portant son nom et trois informations à compléter de façon manuscrite : l’année de création de l’objet, son numéro et ses dimensions. Des étiquettes semblables sont parfois aussi appliquées sur l'œuvre par les galeries attitrées de Viallat : Jean Fournier, Ceysson et Bénétière… L’artiste a aussi délivré des certificats d’authenticité avec photo pour certaines de ses réalisations.

    Viallat, Claude, Signature sur une oeuvre réalisée sur un sac de farine

    Claude Viallat, Signature manuscrite sur une œuvre réalisée sur un sac de farine.

    Photo : Maison de vente Arles Enchères.

    Viallat, Claude, Etiquette de l'atelier agrafée sur une oeuvre

    Claude Viallat, étiquette de l'atelier agrafée sur une œuvre.

    Photo : Maison de vente Cannes Enchères.

    Etiquette de la galerie Jean Fournier sur une oeuvre de Claude Viallat

    Etiquette de la galerie Jean Fournier sur une œuvre de Claude Viallat.

    Photo : Maison de vente Aponem Atlantique, Bordeaux.

    Comment estimer et vendre une œuvre de Claude Viallat ? 

    Les œuvres de Claude Viallat pouvant avoir une grande valeur, il est recommandé d’en confier la vente à un professionnel du marché de l’art. Faire appel à un commissaire-priseur, c'est s'assurer d'une évaluation rigoureuse basée sur les réalités du marché. De la certification de l’authenticité à la sécurisation juridique des successions, son savoir-faire est mis au service de la valorisation de vos biens. Grâce à une diffusion stratégique en catalogue et en ligne, il garantit à vos œuvres une visibilité optimale auprès d'un réseau international d'amateurs.

     

    Le saviez-vous ? 

    Dans un témoignage rapporté en 2007 lors de l’exposition La Couleur recommencée, Hommage à Jean Fournier, marchand à Paris (1922-2006), organisée par le musée Fabre de Montpellier, le galeriste attitré de Viallat raconte ses premières rencontres déroutantes avec l’homme et ses oeuvres. Le peintre était allé trouver Jean Fournier dans son bureau pour parler de ses réalisations :

     

    « Comme il ne s’en allait pas et qu’il restait toujours près de mon bureau : 

    “Mais enfin, dites-moi où vous habitez, j’irai voir vos tableaux, je vous promet. Donnez-moi votre adresse et j’irai demain ou après-demain”

    Et Viallat me répondit : 

    “Mais ils sont là.”

    Je regarde dans la galerie. J’ai cru que j’avais la berlue, je ne voyais rien, je dis : 

    “Mais ils sont là où ?

    -Dans ma valise”

    L’histoire des toiles pliées de Viallat, c’est la vérité. Il ne pouvait pas venir à Paris autrement qu’avec ses toiles dans des valises. » 

     

    Séduit par l’art de Viallat, le galeriste organise une exposition qui n’est pas sans poser question, rapport à la nature des oeuvres : 

    « Comme je ne savais pas comment accrocher ses toiles, j’ai demandé à ma mère comment elle montait ses rideaux. »   

    Tout aussi déboussolé, le marchand Pierre Matisse appelle quant à lui son confrère pour lui demander, à propos des toiles de Viallat qu’il venait d’acheter « si l’on devait les “défroisser” à la vapeur en les étendant dans la salle de bains comme des vêtements froissés » ! 

     

    (propos cités dans le livret de visite de l’exposition Viallat : une rétrospective, musée Fabre, 28 juin - 2 novembre 2014).

    Viallat, Claude, Empreintes, acrylique sur tissu de garnitures de fauteuil

    Claude Viallat, Empreintes, acrylique sur tissu de garnitures de fauteuil, vendue le 10 octobre 2021 à Cannes.

    Photo : Maison de vente Cannes Enchères.

    FAQ

    Quelle est la cote d'une peinture de Claude Viallat sur le marché de l'art ?

    Les œuvres de Claude Viallat s’adjugent, pour les peintures sur tissus ou sur bâche, entre 5 000 et 40 000 € en moyenne. Les réalisations peintes sur des supports comme les toiles de parapluies et les culs de fauteuils se vendent entre 2 500 et 10 000 €. Les acryliques sur papier se négocient entre 1 000 et 7 500 € tandis que les monotypes valent entre 400 et 2 500 €. Les gouaches et aquarelles sont estimées entre 150 et 2 000 €. Les sérigraphies, quant à elles, atteignent des prix compris entre 20 et 1 300 €.

    Comment authentifier une peinture de Claude Viallat et reconnaître ses caractéristiques ?

    Les œuvres de Claude Viallat peuvent être signées de façon manuscrite pour les supports papiers, ou porter une étiquette apposée par l’artiste pour les peintures sur textile et sur bâches.

    Les toiles libres et bâches du mouvement Supports/Surfaces sont-elles les œuvres de Claude Viallat les plus recherchées ?

    Oui les toiles libres et bâches figurent parmi les œuvres les plus recherchées au sein de la production de Claude Viallat. Toutefois, l’artiste n’ayant fait partie du groupe que très peu de temps, entre 1970 et 1971, les réalisations datant de cette période précise sont rares. 

    Comment faire estimer gratuitement une peinture de Claude Viallat ?

    Les commissaires-priseurs d’ArtFlow Enchères vous proposent d’estimer vos œuvres gratuitement dans un délai de 24 heures sur simple photo.

    Sources :

    • Hilaire, Michel, Lozon de Cantelmi, Marie, Viallat : une rétrospective, cat. exp. Montpellier, musée Fabre, 28 juin - 2 novembre 2014, Paris, Somogy, 2014.
    • Livret de visite de l’exposition Viallat : une rétrospective, musée Fabre, 28 juin - 2 novembre 2014.
    • Wat, Pierre, Claude Viallat : œuvres, écrits, entretiens, Paris, Hazan, 2006.

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