Tout savoir sur l'Estimation d'une oeuvre de César Baldaccini dit "César" (Guide Complet 2026)
Vous souhaitez tout savoir sur l’estimation d’une œuvre de César ?
Ce guide pratique, rédigé par les commissaires-priseurs d’ArtFlow Enchères, vous présente les éléments essentiels pour évaluer une œuvre de cet artiste français emblématique du Nouveau Réalisme.
César est célèbre pour ses compressions et sculptures en résine audacieuses qui marquent un tournant décisif dans la sculpture contemporaine, entre objet d’art et résultat du consumérisme. Sa carrière, riche et audacieuse, témoigne d’un rapport intense à la matière et à l’objet industriel, à travers des œuvres recherchées par les collectionneurs.
Si vous possédez une œuvre signée César, plusieurs critères influencent directement sa valeur : typologie de l’œuvre (compression, expansion, sculpture), date de création, matériaux, dimensions, provenance, authenticité et état de conservation.
Chez ArtFlow Enchères, nos commissaires-priseurs réalisent des expertises gratuites, confidentielles et sans engagement pour vous accompagner dans l’estimation de vos œuvres.
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Qui est César ?
César Baldaccini naît en 1921 à Marseille dans le quartier populaire de la Belle-de-Mai, dans une famille modeste d’origine italienne. Après une formation en autodidacte, il intègre l’École des Beaux-Arts de Marseille, puis monte à Paris en 1943 pour entrer aux Beaux-Arts de Paris et rejoindre l’atelier de Marcel Gimond. Le coût de la pierre ou du marbre l’incite à se tourner vers des matériaux moins nobles, plus accessibles, comme le plâtre et le fer.
En 1949, César s’initie également à la soudure à l’arc, technique qui lui permet un modelage du métal très libre et expressif, et développe à partir de 1954 ses premiers Fers qui renvoient aux productions d’Alberto Giacometti, de Pablo Picasso ou encore de Germaine Richier. Il soude des rebuts métalliques – écrous, vis, tubes – récupérés dans des décharges desquelles surgissent des sculptures figuratives ou abstraites, dictées par la matière trouvée et la technique utilisée. De la série des Fers soudés sont issues des œuvres comme une tête de Guerrier (1949) née d’un fer de hache ou ses célèbres Plaques.
Ses sculptures lui apportent une première reconnaissance publique. Dès 1955, son œuvre en fer forgé soudé Esturgeon dite aussi Le Poisson est ainsi acquise par le Musée national d’Art moderne de Paris.
La découverte d’une presse hydraulique géante dans une décharge automobile à la fin des années 1950 à Gennevilliers, dans la banlieue parisienne – capable de réduire instantanément les véhicules en un tas de ferraille – marque une étape décisive dans la carrière de l’artiste. “Une tonne de métal sortie de la presse hydraulique, ça a de quoi vous étonner. Moi je n’en suis pas revenu.” témoignera-t-il. Jusqu’alors habitué à assembler des rebuts récupérés, César transforme son approche artistique et inaugure la technique de la compression. Plutôt que célébrer l’objet en soi, César érige un “monument à la ferraille”, transformant des matériaux ordinaires en œuvres d’art monumentales. Il expérimente cette technique avec des voitures mais également des bouteilles, des poubelles ou même, par la suite, des bijoux et métaux précieux.
Cette démarche adhère aux théories du Nouveau Réalisme, que César rejoint aux côtés d’Arman, Yves Klein, Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle. Le Nouveau Réalisme émerge d’une “singularité collective” où un groupe d’artistes adopte une vision commune : celle de réinterpréter de manière poétique la réalité urbaine, industrielle et publicitaire. Conceptualisé par Pierre Restany, ce courant propose une façon innovante de percevoir le réel, directement exprimée par l’objet sélectionné par l’artiste. Cette démarche trouve un écho particulier dans la société consumériste d’après-guerre, dont la brutalité et l’accumulation matérielle trouvent un écho particulier dans les Compressions de César.
Dans les années 1970, les Compressions dirigées se substituent aux compressions d’objets bruts du début, dont les objets compressés sont choisis pour leurs qualités intrinsèques, témoins de l’inventivité et de l’inlassable goût de création de l’artiste.
Poursuivant son exploration de la matière, après la compression de la matière, César réalise en 1967 sa première Expansion. Nées d’une découverte accidentelle lors d’expérimentations avec un procédé chimique utilisé pour créer ses « empreintes humaines », les Expansions combinent de la mousse de polyuréthane avec du fréon, provoquant un gonflement chimique suivi d’un durcissement de la matière. Conçues au départ comme des œuvres temporaires, les premières Expansions ont été réalisées lors de happenings, où César les donnait au public. Par la suite, afin de garantir leur conservation, une méthode spécifique durable fut mise au point. Ces coulées peuvent se suffire à elles-mêmes ou sont intégrées à des objets du quotidien, débordant d’une bouilloire ou d’un pot à lait par exemple. Elles varient également en volume, taille, couleur ou surface.
Créateur insatiable, César poursuit en parallèle ses Empreintes Humaines. En 1965, César dévoile l’empreinte de son propre pouce à l’occasion de l’exposition “La Main, de Rodin à Picasso”, présentée à la galerie Claude Bernard, à Paris. De ce moulage monumental en résine – haut d’1,85 m et lourd de 400 kilos – suit de nombreuses fontes aux formats variés, qui diffusent l’œuvre à l’échelle mondiale. En répondant à ses détracteurs, César répliquait en 1965 : « Il n’y a rien de plus anti-sculpture qu’une empreinte humaine ». S’ensuivent d’autres créations, telles Le Sein (1965) ou Le Poing (1967).
Dès les années 1970, César devient une figure médiatique, notamment grâce à la création du trophée du cinéma français, le César, en 1976, la plus célèbre de ses Compressions. Il devient également professeur à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts en 1970, reçoit de nombreuses commandes publiques et atteint la consécration lors de la Biennale de Venise en 1995. Proactif, il continue ses créations jusqu’à sa disparition en 1998.
“J’ai eu plusieurs vies, plusieurs maisons, plusieurs époques. Je ne renie rien, je demande seulement qu’il y ait plusieurs lectures : on y trouvera l’Académie, le besoin de renouvellement, le quotidien, le témoignage face à la civilisation industrielle, l’abstraction, la fascination des matières nouvelles, mon désir de remettre de l’ordre, mon besoin de détruire et de reconstruire”. César in Otto Hahn, Les Sept Vies de César, Lausanne/Paris, Favre, 1988, p. 152.
Quelles sont les techniques utilisées par César ?
César aborde des thématiques comme la société de consommation et l’industrialisation, en transformant des rebuts métalliques ou plastiques en sculptures, interrogeant ainsi la notion de déchet et de valeur. Il explore aussi le corps humain à travers des moulages ou des figures en fer soudé, mêlant figuration et déformation. Son œuvre repose sur des gestes forts — souder, compresser, envelopper, mouler — qui expriment une tension entre destruction et création, témoignant d’un rapport quasi-instinctif à la matière.
Infatigable créateur, César a développé de nombreuses techniques :
- Sculptures en fer soudé de César
Pour ses sculptures en fer soudé, César associe le fer ou le bronze à des rebuts métalliques ou industriels trouvés dans des décharges, en particulier dans ses œuvres de jeunesse de la fin des années 1940-début des années 1950. Ils sont alors assemblés grâce à la technique de la soudure à l’arc, qui permet une grande liberté de modelage.
- Compressions de César
Pour ses Compressions, les rebuts sont en métal ou en cuivre, parfois de petite taille, parfois monumentales, fournis à partir d’objets de consommation tels des véhicules, de cartons d’emballage ou de cagettes. Elles peuvent être laissées brutes ou colorées.
Dans les années 1970, à la suite de ses Compressions, César utilise également du plastique dans ses Enveloppages, où il enveloppe des objets dans des feuilles de plexiglas.
- Expansions de César
Les Expansions sont réalisées dans des coulées de résine ou de mousse polyuréthane, créant une forme libre et expressive. D’abord conçues pour des happenings, César développe par la suite un nouveau mélange plus durable, qu’il teinte et poli selon les règles de la sculpture classique.
- Empreintes humaines de César
Les Empreintes humaines consistent en des moulages de fragments de corps, agrandis au pantographe, puis reproduits en bronze ou en résine.
Elles dévoilent un pan plus intime et érotique dans le corpus des œuvres de César.
Comment estimer une œuvre de César ?
Le marché des oeuvres de César est actif et stable. Ses œuvres sont souvent présentées en vente aux enchères. Elles sont de toutes tailles et médiums, ce qui entraîne inévitablement une variation conséquente des prix des oeuvres de César, selon ces données.
Prix d’une compression de César
Les petites compressions, notamment les pièces murales, sont généralement estimées entre 3 000 et 10 000€. Les formats moyens s’adjugent en moyenne entre 15 000 et 50 000 euros.
Selon leur complexité, rareté et date, certains grands modèles de Compressions de César, notamment des voitures compressées, peuvent se vendre au-delà des 100 000 euros.
Prix d’une expansion de César
Les expansions de César se vendent entre 2 000 et 5 000 euros pour les modèles les plus modestes, entre 10 000 et 15 000 euros pour les formats moyens et jusqu’à 30 000 à 50 000 euros pour les modèles les plus rares et assemblages.
Le mobilier réalisé à partir d’expansions de César, très rare sur le marché, s’estime entre 100 000 et 200 000 euros en moyenne.
Prix d’une sculpture en bronze ou en cuivre de César
Les sculptures de petits formats et grandes éditions de César s’adjugent généralement entre 3 000 et 10 000 euros.
Les formats plus imposants à un tirage plus limité, s’estiment autour de 15 000 à 50 000 euros. Les modèles les plus exceptionnels et recherchés tels La vénus de Villetaneuse (1962), Pompes de Claire (1987) ou certaines Plaques, peuvent quant à eux atteindre 100 000 à 150 000 euros d’estimation.
Prix d’une oeuvre sur papier de César
Les dessins de César sont estimés entre 200 et 800 euros et jusqu’à quelques milliers d’euros pour les plus aboutis.
Les estampes s’adjugent de quelques dizaines à quelques centaines d’euros.
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Comment reconnaître une œuvre de César ?
Les œuvres de César sont généralement signées. Selon le médium utilisé, elles peuvent également être datées et numérotées. Les éditions en bronze portent souvent le cachet du fondeur, Bocquel ou Valsuani notamment.
Attention aux contrefaçons : le marché de César est touché par de nombreuses contrefaçons, notamment des fausses expansions ou des compressions “de style César” non réalisées par lui. Un professionnel de l’art saura vous aider à authentifier votre pièce.
Le saviez-vous ?
Si aujourd’hui la célèbre « bûche » dorée des César est immédiatement reconnaissable, sa première silhouette était bien différente !
En effet, lors de la toute première cérémonie, en 1976, le trophée prend l’apparence d’une silhouette masculine, sobre et droite, enroulée dans une bobine de film — en référence à l’Oscar américain. Mais l’objet ne séduit pas. Trop classique, trop attendu. Le public n’accroche pas, et César lui-même, peu convaincu, décide de modifier son trophée. Dès l’année suivante, il impose son style : un bloc de bronze compressé, brut et poétique à la fois, dans la lignée de ses célèbres Compressions.
Le trophée que l’on connaît aujourd’hui est né. Coulée chaque année à la fonderie Bocquel, en Normandie, chaque pièce de 3,5 kilos demande quinze heures de travail minutieux. Et depuis 1977, la tradition est restée inchangée.
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