Tout savoir sur l'Estimation d'un Vase Lalique | Cote et Prix (Guide Complet 2026)
Symbole du génie verrier français du XXe siècle, les créations de Lalique, et notamment ses vases, occupent une place de choix sur le marché des arts décoratifs. Mais combien vaut réellement un vase Lalique aujourd’hui ?
Comment distinguer une création d’époque signée « R. Lalique » d’une réédition postérieure marquée « Lalique France » ? Quels critères influencent le prix d’un vase Lalique en vente aux enchères : modèle, taille, couleur, état de conservation, rareté ou provenance ?
De quelques centaines d’euros pour des modèles courants à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des exemplaires rares, colorés ou opalescents en parfait état, l’estimation d’un vase Lalique repose sur une analyse rigoureuse et documentée. Chez ArtFlow Enchères, nous vous accompagnons dans l’identification, l’authentification et l’évaluation de ces œuvres emblématiques.
Dans cet article, découvrez l’histoire de la maison Lalique, les spécificités techniques de ses créations et tous les critères essentiels pour obtenir une estimation fiable de votre vase Lalique.
René Lalique, Vase “Serpent”, modèle créé en 1924, verre moulé-pressé.
Photo : Côte Basque Enchères, Saint-Jean-de-Luz
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Qui est René Lalique ?
« Joaillier-bijoutier, puis verrier prodigieux, M. René Lalique sera certainement considéré par les historiens d’art du prochain siècle comme l’un des premiers ouvriers de la rénovation française des arts appliqués » disait de lui l’homme de lettres Maximilien Gauthier (1893-1977) en 1935 (La Renaissance de l’art français et des des industries de luxe, septembre 1925).
En effet, René Lalique, dont la carrière traverse deux des périodes stylistiques les plus innovantes au début du XXe siècle en France, l’Art Nouveau et l’Art Déco, explore au cours de sa vie de nombreux champs des arts décoratifs. Artiste passionné par la matière, il expérimente la cohabitation d’éléments aussi variés que l’ivoire, le cuir, le métal ou les pierres dites semi-précieuses sur des objets allant du petit bijou à la fontaine monumentale.
La rencontre avec le verre
Formé à l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris, René Lalique (1860-1945) commence ses activités en tant que dessinateur de modèles pour la bijouterie, avant de reprendre l’atelier d’un confrère en 1885. C’est au cours de ses expérimentations dans ce domaine qu’il commence à s’intéresser au verre, au début de la décennie 1890. Les montures de métal ne se bornent plus à servir de cadre aux parures des femmes et viennent, progressivement, enlacer des vases et des calices, soufflés dans des moules, dont il lance une modeste production depuis son atelier installé dans sa résidence de Clairefontaine en 1898.
Il s’intéresse en parallèle à la technique de la cire perdue, empruntée notamment aux statuaires qui travaillent le bronze, ce qui lui permet de concevoir ses vases à la manière de sculptures de verre. Voyant de plus en plus grand, il décline aussi cette matière qui l’inspire en éléments d’architecture ou en luminaires.
L’écrivain Paul Morand remarquait justement le parcours de « cet artiste dont l’œuvre a commencé par orner des chignons, des corsages et des bustes autour de 1900, puis finit par garnir des paquebots, des églises, des wagons-lits et des hôtels » (Lalique le génie du verre, la magie du cristal, Cinq continents, 2017).
René Lalique, Calice, vers 1897-1899, verre opalescent et argent.
Photo : Christies.com
Le développement industriel de la production
En 1907, le parfumeur François Coty demande à René Lalique de créer pour lui des flacons, qui ne sont ni plus ni moins que des vases en miniature. Il est rapidement suivi par nombre de ses célèbres confrères tels que Roger et Gallet, Piver, Molinard ou encore Worth.
Ce succès décide René Lalique à louer puis acheter une verrerie, située à Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne, suivie d’une seconde, après la Première guerre mondiale, à Wingen-sur-Moder, dans le Bas-Rhin, baptisée Verrerie d’Alsace.
Comme de nombreux artistes dans le domaine des arts décoratifs au début du XXe siècle, René Lalique poursuit l’objectif de rendre ses créations accessibles au plus grand nombre. Révolté par les « horreurs » qui peuplent selon lui les intérieurs modestes de son temps, il déclare « Les objets d’art coûtent trop chers. Changeons ça ! » (Véronique Brumm Schaich, René Lalique : le génie de la lumière, 2024). Il cherche alors à optimiser la production pour réduire les coûts et dépose plusieurs brevets industriels. Il expérimente également de nombreuses techniques pour jouer avec la matière et la lumière, alternant les effets mats et brillants, l’opacité et la transparence, le granuleux et le lisse dans divers effets de texture, dont le fameux « satinage », obtenu par sablage ou bain d’acide, qui fait partie des spécificités de la production Lalique.
Verrerie d’Alsace, Wingen-sur-Moder, dans « René Lalique et la verrerie d’Alsace », L’Alsace française, 18 août 1923. Photo : Gallica.bnf.fr
Les inspirations de l’artiste
A l’instar de la plupart des artistes de la période Art Nouveau, René Lalique puise l’essentiel de ses inspirations dans les motifs de la femme et de la nature, intérêt qu’il conserve à la période Art déco.
La plus iconique des créations de René Lalique est sans conteste le vase « Bacchante », créé en 1927, dont le pourtour est peuplé de femmes nues dansant.
Reptiles tels que serpents ou tortues, poissons, insectes tels que sauterelles ou scarabées, oiseaux tels que perruches, paons, ou encore hirondelles qui ornent aujourd’hui le logo de la société, forment le bestiaire des vases imaginés par René Lalique.
La flore est également omniprésente, dans les fleurs décorant le vase « Oran » créé en 1927, dans les feuillages évoquant ceux des cactées recouvrant la surface du vase « Languedoc » de 1929, ou encore dans les agrumes du vase « Oranges » ajouté au catalogue de la marque en 1926.
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René Lalique, Vase “Tortues”, modèle créé en 1926, verre moulé-pressé.
Photo : Era enchères Rhone-Alpes
Comment reconnaître un vrai vase Lalique ?
Les indices garantissant l’authenticité d’un vase Lalique
La présence d’éléments permettant d’authentifier la pièce, comme sa boîte de rangement d’origine, l’étiquette autocollante apposée sur les pièces récentes, le certificat d’authenticité remis par la société Lalique à l’achat et bien sûr la signature, représentent des atouts importants.
Les marques : signatures et numéros d’un vase Lalique
Les vases Lalique authentiques peuvent comprendre plusieurs sortes de marques. Elles sont le plus souvent incisées ou moulées dans la masse, et se trouvent en général au niveau du socle ou dissimulées dans le décor. Les mentions privilégiées par la marque sont « R. Lalique » du vivant de son créateur (jusqu’en 1945), puis « Lalique France » depuis sa disparition. Un numéro apposé près de la signature peut indiquer une édition limitée, ce qui est valorisé au niveau de l’estimation. En revanche, l’absence de signature réduit considérablement la valeur de l’objet.
Les faux vases Lalique
Des faux portant diverses marques mentionnant le nom de Lalique pouvant circuler sur le marché de l’art, il est conseillé de confier l’expertise de ces vases à une maison de vente aux enchères.
René Lalique, Vase “Pierrefonds”.
Photo : De Baecque & Associés
Comment reconnaître un vrai vase Lalique ?
Les indices garantissant l’authenticité d’un vase Lalique
La présence d’éléments permettant d’authentifier la pièce, comme sa boîte de rangement d’origine, l’étiquette autocollante apposée sur les pièces récentes, le certificat d’authenticité remis par la société Lalique à l’achat et bien sûr la signature, représentent des atouts importants.
Les marques : signatures et numéros)
Les vases Lalique authentiques peuvent comprendre plusieurs sortes de marques. Elles sont le plus souvent incisées ou moulées dans la masse, et se trouvent en général au niveau du socle ou dissimulées dans le décor. Les mentions privilégiées par la marque sont « R. Lalique » du vivant de son créateur (jusqu’en 1945), puis « Lalique France » depuis sa disparition. Un numéro apposé près de la signature peut indiquer une édition limitée, ce qui est valorisé au niveau de l’estimation. En revanche, l’absence de signature réduit considérablement la valeur de l’objet.
Les faux vases Lalique
Des faux portant diverses marques mentionnant le nom de Lalique pouvant circuler sur le marché de l’art, il est conseillé de confier l’expertise de ces vases à une maison de vente aux enchères.
Quelle estimation pour un vase Lalique ?
L’estimation d’un vase Lalique dépend de plusieurs facteurs.
Le bon état de la pièce
Le bon état de la pièce, avec absence de rayures d’usure sur le socle, d’éclats, notamment au niveau des parties les plus fragiles du décor comme les éléments en ressaut (nez des personnages…), de fêles fragilisant l’objet ou de restaurations, est primordial. Les objets exempts de défauts de fabrication, à l’exemple des petites bulles qui peuvent parfois être observées dans le verre, obtiendront également une estimation plus élevée.
Les matériaux : verre ou cristal ?
Les vases fabriqués avant le décès de René Lalique sont nécessairement en verre, celui-ci n’ayant pas travaillé le cristal. La question du matériau se pose donc uniquement pour les pièces datées d’après 1945.
Dans ce cas, un exemplaire réalisé en cristal verra sa valeur augmenter par rapport à un autre du même modèle fabriqué en verre.
La couleur
La couleur peut également être déterminante dans l’estimation d’un vase Lalique. Les teintes opalescentes imitant les pierres du même nom, obtenues par un mélange de phosphate de chaux et d’oxyde d’étain, sont particulièrement recherchées, mais d’autres couleurs, données par l’ajout d’oxydes métalliques (cobalt pour le bleu, cuivre pour le rouge, trioxyde de fer pour le jaune), peu habituelles pour certains modèles, peuvent aussi attirer les acheteurs.
La taille
Le prix d’un vase Lalique est également déterminé d’après la taille. On observe chez Lalique trois types de dimensions : les petits modèles (moins de 20 centimètres) qui sont les moins onéreux, les grandes pièces (entre 20 et 30 centimètres), et les très grands modèles (plus de 30 centimètres), peu nombreux car plus fragiles et plus difficiles à fabriquer et, par conséquent, plus chers.
Le modèle
Certaines formes sont plus rares à la vente, à l’exemple du vase « Tortues », et se vendent par conséquent à des prix plus élevés.
La datation
La datation d’un vase Lalique s’effectue grâce à un faisceau de preuves. Les signatures comportant la lettre R, initiale du prénom de René Lalique, permettent de déterminer que la pièce a été réalisée du vivant de l’artiste, donc au plus tard en 1945, ce qui augmente beaucoup sa valeur.
Les exemplaires signés « Lalique France » sont généralement datés après 1945. Les ouvrages de référence comme le catalogue raisonné de l’OEuvre rédigé par Félix Marcilhac (éditions de l’Amateur, 1989), donnent également les dates de création des modèles et leur attribution à René, Suzanne, Marc ou Marie-Claude Lalique, ce qui permet d’établir une fourchette de datation.
Cette méthode ne permet pas cependant de déterminer l’année exacte de fabrication d’un exemplaire en particulier. En effet la production d’un modèle a pu s’étaler sur plusieurs années et la société Lalique continue encore aujourd’hui de proposer des rééditions.
Les vases réalisés en cristal sont nécessairement postérieurs à la disparition de René Lalique, qui n’a pas travaillé ce matériau, introduit dans la production de l’entreprise par son fils Marc dans les années 1950. Le verre en revanche ne fournit que peu d’indices de datation, si ce n’est par sa couleur. René Lalique s’intéresse peu au verre coloré avant la Première Guerre mondiale. L’effet opalescent qui fait aujourd’hui la valeur de certaines pièces, est mis au point dans les années 1920 tandis que le verre teinté dans la masse fait son apparition dans sa production après 1925.
Dans le cas des vases Lalique, les modèles les plus anciens, attribués au fondateur de l’entreprise, sont les plus valorisés.
La provenance
Les pièces fabriquées dans un contexte particulier (dans le cadre d’un évènement…) ou ayant une provenance prestigieuse obtiennent également des prix plus élevés en ventes publiques.
Conclusion : les prix des vases Lalique
En fonction de ses caractéristiques, un vase Lalique peut se vendre à partir de quelques dizaines d’euros pour des petites pièces courantes, récentes, et très abîmées, et jusqu’à 50 000 € pour des exemplaires colorés de grande taille, rares et en parfait état.
Ainsi, un modèle « Palestre » de 40 cm de hauteur s’est vendu 50 000 € en 2015. Les modèles mesurant entre 20 et 30 cm comme « Serpent » , « Perruches », « Sauterelles », « Oranges », « Nanking », « Tourbillon », « Languedoc », « Oran », « Tortues », « Poissons »… se négocient, dans un état satisfaisant et signés, entre 2000 € pour des rééditions récentes, et 50 000 € pour certaines pièces colorées rares signées « R. Lalique ».
Les petits modèles courants peuvent tout de même atteindre plusieurs centaines d’euros, à l’instar du vase « Dampierre » imaginé par Marc Lalique, qui se vend entre 50 et 350 € en bon état, de même que les rééditions récentes de petite taille de vases originellement imaginés par René Lalique dans de plus grandes dimensions (rééditions du vase « Languedoc » par exemple).
Un exemple d’estimation : le vase « Bacchante »
De tous les modèles de vases Lalique, la forme « Bacchantes », créée en 1927 par René Lalique, en verre moulé pressé ou en cristal pour certaines rééditions, est probablement la plus fameuse. Elle se vend entre 1500 et 3000 € pour les exemplaires en bon état et signés.
Les exemplaires colorés (gris, noirs, patinés couleur terre de Sienne, jaune…) sont plus prisés, et s’adjugent entre 3300 et 6900 € en bon état. Un modèle « Bacchante » jaune signé R. Lalique a été adjugé 18 000 € en 2021, la signature du fondateur de la maison ayant également largement contribué à ce succès. Certains modèles opalescents ont pu atteindre les 40 000 €.
Les vases Bacchantes fabriqués pour une occasion particulière, en série limité ou ayant une provenance prestigieuse, peuvent atteindre des prix allant de 3000 à 6000 € (3000 € en 2024 pour un modèle bleu nuit édité à 33 exemplaires pour la réouverture du Printemps de la maison en 2017, 6200 € en 2025 pour l’exemplaire offert à l’aviatrice Maryse Hilsz (1901-1946) en 1935).
Les exemplaires signés mais abîmés (fêlés, présentant des éclats ou autres accidents, des traces de meulage ou des restaurations…) ou ayant des défauts de fabrication (bulles…) se vendent entre 150 et 2000 € selon l’état. En l’absence de signature, ce type de vase s’adjuge en-dessous de 1000 €, selon la qualité du travail.
René Lalique, Vase “Languedoc”, modèle créé en 1929, verre moulé-pressé.
Photo : Christies.com
René Lalique, Vase « Bacchante », verre pressé-moulé, vendu le 10 mars 2024.
Photo : PASTOR Maison de Ventes aux Enchères
Le saviez-vous ?
René Lalique était un artiste à l’oeuvre protéiforme : en plus des vases qui font encore aujourd’hui la notoriété de la société Lalique, il a expérimenté la création de tous types d’objets, et imagine même une gamme complète de bouchons de radiateur, qui viennent orner l’avant du capot des luxueuses automobiles dans les années 1920-1930. Figurant des animaux comme des coqs, des paons ou encore des sangliers, mais aussi des femmes, cheveux au vent, à l’exemple de la célèbre « Victoire », ces précieux ornements permettent aux propriétaires de voitures de les personnaliser à l’envie. René Lalique pousse la coquetterie jusqu’à imaginer des modèles lumineux, dont la couleur changeait en fonction de la vitesse. Ces sculptures en miniature étaient rétro éclairées grâce à un système de dynamo, pour lequel René Lalique dépose un brevet en 1929.
René Lalique, Bouchon de radiateur “Comète”, modèle créé en 1925, verre moulé-pressé.
Photo : Alliances enchères Cherbourg.
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