Estimation d'un Vase à la cire perdue de Lalique ǀ Cote et Prix (Guide Complet 2026)

Parmi les chefs-d’œuvre verriers du début du XXe siècle, les vases réalisés selon la technique de la cire perdue par René Lalique occupent une place à part. Produites entre les années 1910 et le début des années 1930, ces pièces en verre – et non en cristal – se distinguent par leur caractère presque sculptural, leur surface vibrante et leur rareté sur le marché. Mais combien coûte un vase à la cire perdue par Lalique aujourd’hui ? 

Pour les collectionneurs comme pour les héritiers confrontés à une succession, l’estimation d’un vase Lalique à la cire perdue repose sur une analyse fine : procédé technique, qualité du modelé, signature, état de conservation, provenance et résultats récents en ventes publiques. Certaines adjudications dépassent les 250 000 €, quand d’autres modèles, plus modestes ou restaurés, s’établissent entre 20 000 et 60 000 €.

Comment reconnaître un véritable vase Lalique exécuté à la cire perdue ? Quels critères influencent sa cote en 2026 ? Et à quel prix peut-il être présenté en vente aux enchères ?
Chez ArtFlow Enchères, nous vous proposons un guide complet pour comprendre les spécificités de ces œuvres rares, éviter les pièges des faux et obtenir une estimation argumentée, fondée sur l’étude du marché et des archives de référence.

René Lalique, Vase “Bouquet de marguerites”, verre moulé à la cire perdue
René Lalique, Vase “Bouquet de marguerites”, verre moulé à la cire perdue.
Photo : Christies.com

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Comment reconnaître un vase fabriqué selon la technique de la cire perdue ?

Le procédé technique utilisé par René Lalique

La mise en œuvre de la technique de la cire perdue, longue et complexe, nécessite un réel savoir-faire de la part du verrier qui la pratique.

La création est tout d’abord sculptée à la main dans la cire.

Du plâtre est ensuite appliqué autour de ce modèle pour créer un moule en creux qui en garde l’empreinte, avant que la cire ne soit chauffée pour la rendre liquide et l’évacuer.

Puis, le verre est versé ou soufflé dans le moule ainsi obtenu.

Une fois la matière en fusion refroidie, le moule en plâtre est cassé pour récupérer la pièce, qui, par conséquent, est un exemplaire unique.

René Lalique a parfois fabriqué plusieurs exemplaires d’un même modèle, mais chaque nouvelle réalisation, généralement numérotée, présente des détails qui lui sont propres. 

René Lalique, Vase “Trois Amours formant pieds”, verre travaillé selon la technique de la cire perdue, ayant fait partie de la collection de l’industriel Georges Charbonneaux (1865-1933)
René Lalique, Vase “Trois Amours formant pieds”, verre travaillé selon la technique de la cire perdue, ayant fait partie de la collection de l’industriel Georges Charbonneaux (1865-1933).
Photo : Sothebys

Dans l’intimité du processus de création : les traces de fabrication

La technique de la cire perdue donne au verre un grain qui n’est pas observable sur les pièces fabriquées grâce à d’autres procédés, comme le pressé-moulé employé par Lalique pour sa production à grande échelle. Cette dernière méthode laisse par ailleurs des traces des lignes de jointure du moule, celui-ci réutilisable, qui n’apparaissent pas sur les pièces conçues grâce à la technique de la cire perdue. La cire perdue permet aussi au créateur de partager en quelque sorte une part d’intimité du processus créatif avec le destinataire de son œuvre. En effet, il n’est pas rare que des traces de doigts laissées dans la cire durant l’étape du modelage transparaissent à la surface de la pièce définitive en verre.

L’ensemble de ces caractéristiques font des vases fabriqués par René Lalique grâce à la technique de la cire perdue des pièces très recherchées. Qui plus est, et bien que le verrier ait réalisé près de 650 modèles d’objets de tous types par le biais de ce procédé, ceux-ci demeurent rares à la vente.

René Lalique, Vase “Quatre grenouilles”, 1920, verre travaillé selon la technique de la cire perdue
René Lalique, Vase “Quatre grenouilles”, 1920, verre travaillé selon la technique de la cire perdue, vendu 30 000 € en 2024 chez Millon et associés.
Photo : Millon et associés Paris

Quel prix pour un vase Lalique à la cire perdue ?

Le bon état de la pièce, élément influant sur le prix d’un vase à la cire perdue de Lalique

Les vases Lalique réalisés grâce à la technique de la cire perdue étant rares et recherchés, même les exemplaires abimés trouvent preneur.

Cependant, comme pour tout autre objet, le bon état de la pièce a une influence déterminante sur son prix. Ces vases présentant souvent des décors en fort relief, il n’est pas rare qu’ils aient subi des dommages, tels qu’éclats ou manques, ou des restaurations, notamment au niveau des éléments structurels fragiles comme les anses ou le pied.

Ces défauts entraînent une dévaluation de la pièce.

Les matériaux : verre ou cristal ?

Le cristal apparaît dans la production Lalique vers 1950, soit bien après la période où René Lalique réalise ses vases à la cire perdue, qui se situe quant à elle entre le début de la décennie 1910 et l’aube des années 1930. Ces pièces sont donc nécessairement en verre.

La taille

Comme pour beaucoup d’objets, la taille a une influence sur l’estimation d’un vase Lalique à la cire perdue. Les prix les plus élevés sont atteint par des pièces d’une trentaine de centimètres environ. Cependant, il peut arriver que des petits modèles atteignent des prix équivalents, voire supérieurs, à d’autres de plus grandes dimensions, notamment en raison de leur meilleur état de conservation.

Le modèle

Etant donné le peu de pièces vendues et leur caractère unique, il est compliqué d’effectuer un comparatif pertinent sur le succès d’un modèle de vase à la cire perdue par rapport à un autre, comme il est possible de le faire pour les productions plus industrialisées de la maison Lalique. On notera en revanche un lien entre le prix et la richesse du décor.

La datation

Outre par l’observation du style décoratif de la pièce, sa date de fabrication peut aussi être déterminée grâce aux études de documents d’archives publiées dans des ouvrages de référence, comme le catalogue raisonné de l’Œuvre de Lalique par Félix Marcilhac. Si la datation a une importance pour l’estimation d’un vase Lalique à la cire perdue, elle semble avoir moins de poids que d’autres critères, comme la taille ou la richesse du décor. Cependant, à taille égale, les exemplaires les plus anciens, datant du début de la période de production, vers 1913-1914, obtiendront des prix plus élevés.

La provenance

Les anciennes collections auxquelles les pièces ont appartenu peuvent engendrer une plus-value, mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi, un vase “Ronce épineuse et mûres” ayant été la possession d’Alfred Chtapowski (1874-1940), ambassadeur polonais en France a trouvé preneur pour 50 181 € chez Christies en 2017, soit un prix à peine plus élevé que celui d’autres pièces équivalentes.

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René Lalique, Vase “ronce épineuse et mûres”, 1919, verre travaillé selon la technique de la cire perdue
René Lalique, Vase “ronce épineuse et mûres”, 1919, verre travaillé selon la technique de la cire perdue ayant appartenu à l’ambassadeur polonais en France Alfred Chtapowski (1874-1940).
Photo : Christies.com

Conclusion : les prix

Les prix les plus élevés pour des vases Lalique à la cire perdue sont atteint par des pièces de grande taille, au décor riche, en excellent état, signées, et datant du début de la période de production de ce type d’objet. 

Par exemple, un vase “Roses” vers 1913, de 31,8 cm, vendu 343 570 €, ou encore un modèle “Lutteurs” de 32,5 cm de haut, daté de 1914, vendu 257 710 €.

Un exemplaire “Ronde d’enfants”, plus tardif, de 1930, mesurant 26,7 cm en hauteur, a été prisé 243 900 € en 2012.

Pour des pièces mesurant entre 15 et 20 cm, toujours en bon état et signées, les prix au marteau s’échelonnent de 45 300 à 100 600 €, ce prix maximum correspondant à un vase “branches de laiteron” de 1914.

Les dommages, tels qu’éclats ou manques, font baisser le prix de la pièce, comme le montre la vente, en 2024, d’un vase “Quatre grenouilles”, de 17,5 cm, daté de 1920, présentant un éclat à la base, pour 30 000 €, ou d’un exemplaire “Quatre scarabées et roses”, de 15,2 cm, daté de 1919 et ayant subi une restauration, pour 23 161 €.

Deux modèles “Entrelacs d’épines”, restaurés au niveau des anses, se sont vendus 10 100 et 14 000 € en 2021 et 2023.

Les vases mesurant entre 8 et 14 cm sont généralement prisés entre 20 000 et 30 000 €.

 

René Lalique, Vase “Lutteurs”, 1914, verre travaillé selon la technique de la cire perdue
René Lalique, Vase “Lutteurs”, 1914, verre travaillé selon la technique de la cire perdue, vendu 257 710 € en 2006 chez Christie’s.
Photo : Christies

Comment reconnaître un vrai vase Lalique ?

Les indices garantissant l’authenticité

La possession d’une facture ou tout autre document d’archive (bon de commande, lettre, photos…) permettant de renseigner la provenance de l’objet peut en augmenter le prix, tout en rassurant les acheteurs potentiels. Le référencement de la pièce au sein du catalogue raisonné de l’Œuvre de Lalique rédigé par Félix Marcilhac est également un atout, tout comme l’existence de dessins préparatoires dans les archives de René Lalique, ou la preuve que l’objet a été présenté à des expositions (galeries d’art, musées, expositions internationales…). 

Les marques (signatures et numéros)

Les vases à la cire perdue portent la signature “R. Lalique” ou “Lalique” incisée à la pointe ou gravée à la roue, sous la base ou dans le décor en bas de la pièce. Ces marques sont souvent accompagnées d’un numéro en creux et parfois d’une mention “vase unique”. Si les pièces uniques sont toujours valorisées dans leur estimation, ce ne sont pas nécessairement celles qui atteignent les prix les plus élevés au marteau. On notera l’exemple d’un vase “Ronde d’enfants”, d’une série de cinq exemplaires, qui s’est vendu 243 900 € en 2012.

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