Estimation d’une sculpture décorative Lalique | Prix et Cote (2026)
Longtemps éclipsée par la renommée des bijoux Art nouveau ou des vases Art déco de Lalique, les sculptures constituent pourtant un pan essentiel de la production de la maison, révélateur de son rapport à la matière et de son sens aigu du décor. Mais combien vaut une sculpture décorative Lalique ?
Lalique a su, au fil des générations, faire évoluer cette tradition sculpturale : des oeuvres à la cire perdue, du verre patiné et pressé-moulé des années 1920 aux pièces en cristal développées par Marc puis Marie-Claude Lalique, jusqu’aux éditions d’art actuelles. Certaines œuvres, notamment celles réalisées à la cire perdue, figurent aujourd’hui parmi les sculptures en verre les plus recherchées sur le marché international.
Comment reconnaître une sculpture Lalique authentique ? Quels critères déterminent sa valeur ? Verre ou cristal, signature « R. Lalique » ou « Lalique France », édition limitée, état de conservation, provenance prestigieuse : chaque détail compte dans l’établissement d’une estimation fiable.
Chez ArtFlow Enchères, nous analysons ces paramètres avec rigueur afin d’accompagner vendeurs et collectionneurs dans l’expertise et la valorisation de leurs œuvres. Découvrez dans ce guide complet les clés pour comprendre la cote et le prix d’une sculpture Lalique en 2026.
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Lalique et la sculpture
La technique de la cire perdue
Dès ses premières expérimentations sur le verre dans les années 1890, René Lalique fait une incursion dans le monde de la sculpture en s’intéressant à la technique de la fonte à la cire perdue. Les modèles qu’il obtient par le procédé du verre moulé-soufflé ou coulé à cire perdue sont en général des pièces uniques, ou reproduites en très petites séries, en raison du caractère complexe, long et onéreux du procédé, au cours duquel le moule est cassé. Les Deux chérubins s’embrassant qui ornaient la fontaine de la salle à manger de la couturière Jeanne Paquin (Musée Lalique, Wingen-sur-Moder), notamment, ont été fabriqués grâce à ce savoir-faire, qui donne à la matière un aspect très particulier, un grain, plus irrégulier que les résultats obtenus par la technique du verre pressé-moulé, souvent retravaillé à froid.
René Lalique, Buste de femme coiffée de pavots réalisé selon la technique de la cire perdue, vendu 58 000 € en 2011.
Photo : maison de vente Claude Aguttes
Le verre pressé-moulé
La sculpture chez Lalique va essentiellement se développer après la Première Guerre mondiale, avec des modèles en verre pressé-moulé, fabriqués à une échelle industrielle. Ils ont souvent pour thème la femme, représentée voilée, drapée ou nue, prenant parfois la forme d’une allégorie, comme celle du printemps, ou d’un personnage biblique, à l’exemple de la statuette “Suzanne”. René Lalique n’hésite pas à commercialiser également des éléments originellement imaginés dans un contexte architectural, à l’exemple des pigeons qui ornaient la fontaine créée par lui pour l’avenue des Champs-Elysées en 1932, ou des allégories des sources de France qui garnissaient, sur toute sa hauteur, la fontaine lumineuse de l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925 à Paris. Ce monument comprenait cent-vingt-huit statuettes de seize modèles différents, vendues pour financer son démontage coûteux après l’exposition. Le succès a été tel que la maison a relancé une nouvelle production, et a conservé ces objets au catalogue jusqu’en 1937. Entre 1925 et 1931, René Lalique imagine également une trentaine de modèles de sculptures en miniatures de mascottes en forme d’insectes en plein vol, d’animaux courant ou de femmes cheveux au vent, destinées à orner les bouchons de radiateurs des voitures de luxe. Attiré par l’art religieux, il conçoit également des objets de dévotion figurant la Vierge Marie ou Sainte Odile, patronne de l’Alsace, où se trouve sa manufacture de Wingen-sur-Moder.
René Lalique, Source de la fontaine, 1924, vendue 34 416 € en 2015 chez Christie’s.
Photo : Christies
Les inspirations de Marc et Marie-Claude Lalique
Lorsque Marc Lalique reprend les rênes de l’entreprise, il perpétue cette pratique de la sculpture et la transcrit dans le cristal. Parmi ses créations les plus fameuses, figurent Deux poissons, composition créée en 1953, et une monumentale Tête de cheval.
Comme son père avant lui, Marc Lalique produit aussi des statuettes religieuses, à l’instar de la Vierge aux mains jointes de 1965. Sa fille, Marie-Claude Lalique, s’avère quant à elle particulièrement inspirée par la faune exotique qu’elle peut observer lors de ses nombreux voyages. Elle est notamment la créatrice d’une pièce phare de la collection Lalique, la panthère “Zeila”, commercialisée pour la première fois en 1990.
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Marc Lalique, Deux poissons, 1953, cristal.
Photo : Christies
La sculpture contemporaine Lalique
Aujourd’hui, la maison Lalique continue de produire des sculptures en cristal, et notamment des petits modèles accessibles à destination des collectionneurs.
Le cachet poisson, reprise d’une création de René Lalique en 1913, disponible dans de vastes combinaisons de couleurs, est classé par la marque parmi ses pièces « iconiques ».
Sa gamme Lalique Art repose quant à elle sur des collaborations avec des artistes contemporains comme Damien Hirst, Nic Fiddian-Green, Arik Lévy ou Han Meilin, ou avec des fondations pour des éditions en cristal d’oeuvres de Rembrandt Bugatti, René Magritte ou Yves Klein.
René Lalique, Cachets poissons, réédition en cristal d’un modèle créé en 1913.
Photo : maison de vente Deburaux Du Plessis
Comment reconnaître une vraie sculpture Lalique ?
Les indices garantissant l’authenticité d’uns sculpture Lalique
La présence d’éléments permettant d’authentifier la pièce, comme sa boîte de rangement d’origine, l’étiquette autocollante apposée sur les pièces récentes, le certificat d’authenticité remis par la société Lalique à l’achat et bien sûr la signature, représentent des atouts importants.
Les marques (signatures et numéros)
Les signatures sur les sculptures sont le plus souvent incisées, et se trouvent en général dans des endroits discrets, sous une patte de l’animal dans le cas de la panthère “Zeila”. Les mentions privilégiées par la marque sont « R. Lalique » du vivant de son créateur (jusqu’en 1945), puis « Lalique France » depuis sa disparition. Un numéro apposé près de la signature peut indiquer une édition limitée, ce qui est valorisé au niveau de l’estimation. En revanche, l’absence de signature réduit considérablement la valeur de l’objet.
René Lalique, Côte d’Azur, statuette distribuée à l’occasion de l’inauguration du train Côte d’Azur Pullman Express en 1929, verre pressé-moulé.
Photo : Millon Paris
Quel prix pour une sculpture Lalique ?
Plusieurs critères s’avèrent déterminants pour estimer le prix de vente d’une sculpture Lalique.
Le bon état de la pièce
L’intégrité de la pièce est essentielle. Tout manque au niveau des éléments les plus fragiles d’une sculpture (notamment pattes et queues des animaux, nez et bras des figures humaines…) fait baisser sa valeur.
Les matériaux : verre ou cristal ?
A taille et modèle égaux, les pièces en verre atteignent des prix plus élevés en vente publique que celles réalisées en cristal, car ce dernier matériau, introduit par Marc Lalique dans les années 1950, est un marqueur d’une production plus tardive, voire de rééditions contemporaines.
La technique de fabrication
Les sculptures réalisées selon la technique de la cire perdue, marquant leur caractère exceptionnel, rare, voire unique, sont davantage valorisées que leurs homologues en verre pressé-moulé, qui relèvent d’une production à plus grande échelle.
La taille
Selon sa taille, une sculpture peut se vendre à un prix plus ou moins élevé. A caractéristiques égales, les grandes pièces sont en général valorisées par rapport aux plus petites.
Le modèle
Certains modèles, comme les allégories des sources de France, sont particulièrement recherchés.
La datation
Selon le matériau employé, verre ou cristal, et le type de signature, une pièce peut être datée d’avant ou après la disparition de René Lalique, ce qui influe sur sa valeur marchande. Le catalogue raisonné de l’Œuvre de Lalique, rédigé à partir de 1989 par Félix Marcilhac et plusieurs fois réédité, donne également des indices solides pour la datation d’une pièce.
La provenance
Les pièces créées par René Lalique dans un contexte particulier, pour l’intérieur d’une personnalité ou pour un événement, à l’instar de l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925 ou de l’inauguration du train Côte d’Azur Pullman Express en 1929, voient de ce fait leur valeur augmenter.
Conclusion : les prix
Les sculptures Lalique les plus valorisées sur le marché de l’art sont sans conteste celles que le créateur de la marque a fabriquées selon la technique de la cire perdue. Ces pièces, rares à la vente, peuvent atteindre des prix à cinq ou six chiffres pour des exemplaires de petite taille, à l’exemple d’un bouchon de carafe de 12 cm seulement figurant deux femmes, patiné couleur terre de Sienne, qui s’est vendu 108 000 € en 2014, ou d’un buste de femme de 10 cm de haut prisé 58 000 € en 2011.
Les œuvres en verre pressé-moulé fabriquées du vivant de René Lalique sont aussi recherchées, à l’exemple des statuettes des sources de la fontaine de l’exposition de 1925, qui s’acquièrent entre 12 000 € et 24 000 €, signées, en bon état et munies de leur socle en bois. Un exemplaire de la « Source de la fontaine Echo », a même atteint les 34 500 € en 2014, en raison de son effet patiné terre de Sienne, rare pour ce modèle.
Le nu féminin baptisé “Suzanne”, dont le modèle a été créé en 1925, parfois monté en veilleuse, oscille à des prix compris entre 2200 € et 27 347 € en bon état.
Les statuettes religieuses sur socle (33-35 cm), quant à elles, sont prisées entre 320 et 4500€.
Parmi les sculptures Lalique captant l’intérêt des collectionneurs, il ne faut pas oublier le modèle « Côte d’Azur », créé pour la Compagnie des wagons-lits et distribué à l’occasion de l’inauguration du train Côte d’Azur Pullman Express en 1929. Celui-ci se négocie entre 3800 et 6000 € en bon état.
Les créations de Marc Lalique, moins recherchées que celles de son père, s’élèvent toutefois à des prix intéressants pour certains modèles, comme “Deux poissons”, entre 350 € et 3000 €.
Parmi les sculptures de la marque devenus iconiques, la panthère “Zeila” de Marie-Claude Lalique est adjugée entre 240 et 1300 € en bon état et signée, tandis que les petits cachets poissons de 4,5 cm environ, dans leur réédition en cristal de couleur, sont accessibles à partir de 20 €, mais peuvent atteindre en vente publique leur prix en boutique, autour de 100 €.
Les diverses formes de statuettes contemporaines en cristal, d’une vingtaine de centimètres environ, se vendent à partir de 100 € en bon état.
René Lalique, Bouchon de carafe réalisé selon la technique de la cire perdue, vendu 108 000 € en 2014 à Lyon.
Photo : Maison de vente Conan Belleville
Le saviez-vous ?
Les deux colombes en cristal qui ornent le flacon iconique du parfum L’Air du temps de Nina Ricci ont été imaginées par le fils de René Lalique, Marc, en 1951. Celui-ci était un ami d’enfance du fils de la styliste, Robert Ricci. Marie-Claude Lalique propose une version revisitée du modèle de son père en 1996.
Lalique, Flacon de parfum L’Air du temps de Nina Ricci, verre pressé-moulé, modèle créé en 1951.
Photo : maison de vente Enchères Pays de la Loire
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