Mithé Espelt : de l’autre côté du miroir, histoire et parcours d’une céramiste unique
Mithé Espelt, Miroir modèle “Ouvéa”, vers 1985, céramique émaillée et bois noirci, vendu 1 800 € chez Artflow Enchères en 2025.
Photo : Maison de vente Artflow Enchères, Lyon.
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Une enfance artistique en Camargue
Marie-Thérèse Espelt (1923-2020) est née à Lunel en 1923 dans une famille de viticulteurs. Son surnom de “Mithé” lui vient de l’affection que lui portait son grand-père, Edmond Baissat, avec lequel elle était très fusionnelle. Il lui a transmis son amour de la Camargue, mais aussi son sens artistique en lui donnant ses premiers cours de dessin, notamment d’après des représentations d’oiseaux par le naturaliste Buffon (1707-1788).
Baissat l’emmène également avec lui lorsqu’il se rend à Fourques, la résidence de l’arrière-petit-fils de Victor Hugo, Jean Hugo, où des artistes comme Jean Cocteau et Pablo Picasso, tous deux futurs céramistes, étaient régulièrement en visite.
Mithé Espelt, Boîte figurant deux oiseaux verts et un cœur, céramique émaillée et bois noirci, vendue 400 € chez Artflow Enchères en 2025.
Photo : Maison de vente Artflow Enchères, Lyon
Une solide formation de céramiste
A seize ans, Mithé Espelt obtient une place à l’école des Beaux-Arts de Montpellier. Elle obtient son diplôme en 1942 et apprend qu’elle a été sélectionnée pour intégrer l’école de Formation Artistique de Fontcarrade, dédiée à la pratique de la céramique. Elle y étudie avec Isabelle Ferlay, future co-fondatrice de l’atelier vallaurien Les Argonautes.
Mithé Espelt, Boîte représentant deux oiseaux, céramique émaillée rose et rehauts d’or, bois noirci.
Photo : Hôtel des ventes Mazzella, Marseille.
À Paris chez Nathalie Pol : l’apprentissage de l’or craquelé qui marque toute l’œuvre de Mithé Espelt
En juin 1943, Mithé Espelt se voit proposer un poste au sein de l’atelier Lydia Chartier à Paris, spécialisé dans la conception de boutons. Sa directrice, Nathalie Pol, avait travaillé durant sa jeunesse à Minsk dans le domaine des icônes dont elle a importé certaines méthodes. Ainsi, elle initie Mithé Espelt à une technique très spécifique, à l’or liquide, qui donne au métal coulé sur la céramique un aspect craquelé. Bien que Mithé Espelt ne reste que deux ans dans l’atelier, elle continuera à employer cette technique tout au long de sa carrière.
Mithé Espelt (attribué à), Quatre boutons oiseaux, 1944-1946, terre estampée et émaillée.
Photo : Maison de vente Rossini, Paris.
L’atelier de Lunel : naissance d’un style et premiers succès entre bijoux et céramiques
En 1946, contrainte de retourner à Lunel par la maladie de son père, Mithé Espelt y fonde son propre atelier. Sa sœur, Mireille, l’aide en fabriquant de petites poupées en céramique qui connaissent un certain succès. Pour se démarquer des nombreux ateliers qui ouvrent leurs portes à la suite de l’installation de Picasso à Vallauris, Mithé conçoit des bijoux qui, eux aussi, rencontrent leur public.
L’évolution des formes chez Mithé Espelt
Selon le spécialiste Antoine Candau, au sein de la production de Mithé Espelt, les miroirs comme les boîtes seraient les descendants directs des boutons et bijoux des débuts. Ils continuent d’inspirer la céramiste durant toute sa carrière, variant leurs formes et leurs décors en fonction de ses expériences personnelles, de son mariage en 1951 avec l’avocat Maurice Figère et la naissance de ses enfants, Marion et Martin, jusqu’à sa passion pour les voyages.
Mithé Espelt, Boîte avec un motif de tournesol, vers 1965, faïence émaillée et bois noirci.
Photo : Maison de vente Enchères Côte d’Opale.
Fin de carrière, transmission et héritage de Mithé Espelt
Après plus de cinquante ans de pratique, Mithé Espelt confie son atelier à sa fille Marion de Crécy au début des années 2000. Elle s’éteint en 2020 à Lunel, sa ville d’origine. Longtemps confondues avec celles du céramiste vallaurien François Lembo, ses œuvres connaissent aujourd’hui un véritable regain d’intérêt sur le marché de l’art.
Pour éviter toute erreur d’attribution et comprendre les différences entre ces deux artistes, consultez notre guide complet pour distinguer Mithé Espelt et François Lembo.
Si vous souhaitez aller plus loin dans l’identification et affiner votre expertise, notamment au sein même de l’héritage Espelt, vous pouvez également consulter notre guide dédié pour reconnaître une œuvre de Marion de Crécy et la différencier d’une céramique de Mithé Espelt.
Le saviez-vous ?
Ce serait les reflets des petits morceaux de verre qu’elle utilise pour fabriquer des bijoux, restés sur l’établi de l’atelier, qui auraient donné à Mithé Espelt l’idée de faire des miroirs, au moment même où, à Paris, Line Vautrin menait ses premières recherches autour de cet objet.
Mithé Espelt, Miroir “Anahuac”, année 1990, céramique émaillée rehaussée d’or.
Photo : Maison de vente Piasa, Paris.
Connaître la valeur d’une céramique de Mithé Espelt
Pour estimer avec précision la valeur d’une céramique de Mithé Espelt, il est essentiel de s’appuyer sur des repères fiables. Nous vous invitons à consulter notre guide complet dédié à l’estimation des céramiques de Mithé Espelt, qui détaille les critères clés du marché et les éléments à analyser..
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