Colette Gueden : figure du design Primavera et des arts décoratifs du XXe siècle.
De Saint-Etienne à Paris
Active entre 1926 et 1972, Colette Gueden (1905-2000) effectue toute sa carrière au sein des ateliers d’art des grands magasins du Printemps, baptisés Primavera. Après trois ans de formation à l’école des Beaux-Arts de Saint-Etienne de 1923 à 1926, elle était partie pour Paris, et avait tenté sa chance aux ateliers d’art du Bon Marché et des Galeries Lafayette, sans succès. Elle sera finalement prise à l’essai comme dessinatrice, puis définitivement embauchée aux ateliers d’arts décoratifs du Printemps, baptisés Primavera.
Colette Gueden, Cheval, vers 1933, céramique émaillée. Photo : Maison de vente Ader, Paris.
Besoin d'aide dans l'estimation de votre bien ?
Artflow Enchères vous propose des estimations gratuites et confidentielles, sur photos.
Notre équipe de commissaire-priseurs vous répond en 24h.
Primavera : démocratiser et valoriser les arts décoratifs
Primavera a été créé en 1912, sous l’égide du fondateur de la Société des artistes décorateurs René Guilleré (1878-1931) et de son épouse, la peintre et décoratrice Charlotte Chauché-Guilleré (1878-1964), sur l’idée de Gustave Laguionie (1842-1920), directeur des grands magasins du Printemps. L’histoire de l’atelier Primavera et des arts décoratifs du Printemps marque profondément le développement du design français du XXe siècle.
Primavera connaît un franc succès dans l’entre-deux guerres, grâce à sa démarche de démocratisation et de mise en valeurs des arts décoratifs. L’atelier sélectionne des objets d’artisanat français et confie la production des pièces imaginées par ses collaborateurs à des ateliers partout en France, dans le Nivernais, la Touraine, l’Alsace, la Bretagne et la Provence pour la céramique.
Poterie de Soufflenheim pour Primavera, Tirelire en forme de chat, céramique émaillée. Photo : Maison de vente Millon, Paris.
Primavera a été créé en 1912, sous l’égide du fondateur de la Société des artistes décorateurs René Guilleré (1878-1931) et de son épouse, la peintre et décoratrice Charlotte Chauché-Guilleré (1878-1964), sur l’idée de Gustave Laguionie (1842-1920), directeur des grands magasins du Printemps. L’histoire de l’atelier Primavera et des arts décoratifs du Printemps marque profondément le développement du design français du XXe siècle.
Primavera connaît un franc succès dans l’entre-deux guerres, grâce à sa démarche de démocratisation et de mise en valeurs des arts décoratifs. L’atelier sélectionne des objets d’artisanat français et confie la production des pièces imaginées par ses collaborateurs à des ateliers partout en France, dans le Nivernais, la Touraine, l’Alsace, la Bretagne et la Provence pour la céramique.
Le beau au quotidien
Lorsque Colette Gueden se présente chez Primavera, l’exposition internationale des Arts Décoratifs de 1925 vient de s’achever. L’atelier est toujours dirigé par Charlotte Chauchet-Guilleré. Le style “Primavera” ressemble alors à un “néoclassicisme aimable” : “élégant et pratique, léger et confortable, gracieux et aisé : c’est le style contemporain dans toute sa vérité”. Il allie deux tendances esthétiques principales : l’une raffinée et sophistiquée, l’autre plus rustique, promettant des objets qui “patoiseront joyeusement dans [les] maisons de campagnes1”
Colette Gueden pour Primavera, Paire de statuettes sirènes, céramique émaillée. Photo : Maison de vente Marseille Enchères Provence.
L’ascension de Colette Gueden dans les arts décoratifs
Colette Gueden se fait rapidement une place dans le milieu des arts décoratifs. Dès 1928, elle expose au réputé Salon des Artistes Décorateurs, puis dans d’autres rendez-vous incontournables comme le Salon des arts ménagers. Elle ne manque pas de présenter ses créations lors du grand évènement de l’Exposition internationale des arts et des techniques de 1937.
En parallèle, elle gravit rapidement les échelons aux Grands Magasins du Printemps pour arriver dès 1934 à la tête de l’atelier de dessin et, finalement, prendre la direction de Primavera quatre ans plus tard.
Dominique Valliere, “Les belles réussites féminines. Colette Gueden, décoratrice”, Femmes d’aujourd’hui, 8 mai 1955. Photo : Gallica.bnf.fr.
Le style Colette Gueden
Chez Primavera, Colette Gueden ne tarde pas à imprimer son style, en phase avec les orientations données à l’atelier par sa prédécesseure. Patrick Favardin qualifie son art de “poétique, champêtre, en un mot “heureu[x], en phase avec un large public qui entend, plus ou moins consciemment, remédier à l’étroitesse du logis par l’allégresse du décor.2”
Sa recherche constante de nouvelles formes et techniques, employant des matériaux comme le verre, le métal ou le rhodoïd, la place cependant parmi les modernes. Pour Colette Gueden, passé et présent peuvent tout à fait cohabiter dans les arts décoratifs :
“créer ne signifie pas nier le passé et le détruire […] meubles anciens et modernes se font valoir sans se heurter3”.
Colette Gueden, Créations parues dans la revue L’art vivant, 1er janvier 1932. Photo : Gallica.bnf.fr.
Colette Gueden et ses collaborations artistiques
Elle prend également l’habitude de recruter de jeunes créateurs prometteurs, comme Pierre Broc, qui devient son principal collaborateur, Geneviève Pons (1924-?), appelée plus tard à diriger la Maitrise des Galeries La Fayette, mais sollicite aussi des collaborations avec des artistes en dehors de l’atelier, comme Mado Jolain, Georges Jouve et Pol Chambost.
Ces collaborations contribuent aujourd’hui encore à l’intérêt des collectionneurs pour les créations issues de Primavera. Découvrez également notre guide consacré à l’estimation des créations de Colette Gueden, leur cote et leur valeur sur le marché des enchères.
Pol Chambost, d’après des modèles conçus par Colette Gueden pour Pimavera, Ensemble de bibelots en forme de souliers, années 1950-1960, céramique émaillée. Photo : Maison de vente Ader, Paris.
Le saviez-vous ?
Le style de Colette Gueden n’a pas toujours fait l’unanimité auprès des journalistes et critiques. En 1936, l’architecte et décorateur André Boll (1896-1983), dans un article à l’acide intitulé “Arts et méfaits de notre temps” paru dans le journal Notre temps, s’en prend à celle qui, d’après lui “”joue au paysan” comme feu Marie-Antoinette au Petit Trianon.4” Cette remarque cinglante d’un confrère demeure toutefois anecdotique au sein de la réception critique particulièrement élogieuse de Colette Gueden.
Table servie présentant les créations de Colette Gueden pour Primavera, paru dans La Renaissance, 1er août 1939. Photo : Gallica.bnf.fr.
Sources et références
- Cité par Jean-Louis Gaillemin dans Céramiques de l’atelier Primavera 1912-1960, Paris et New-York, Le Passage, 2015, p.6.
- Patrick Favardin, Les décorateurs des années 50, Norma, 2012.
- Simone Kapferer, “L’appartement de Colette Gueden”, Élites françaises. Salon de l’aéronautique, avril 1949, cité par Anne Lajoix, “Colette Gueden (1905-2000) Primavera et la céramique”, Sèvres. Revue de la société des Amis du musée national de céramique, 2009, p. 104, disponible sur https://doi.org/10.3406/sevre.2009.1231.
- André Boll, “Arts et méfaits de notre temps”, Notre temps, 17 mai 1936.
Besoin d'une estimation gratuite ?
Notre équipe de commissaires-priseurs vous répond en 24h.
N'hésitez pas à nous contacter et à nous envoyer des photos de vos objets pour une extimation gratuite et professionnelle.